Paul De Grauwe : "Moins de citytrips, une taxe de 80% sur les millionnaires et le maintien du nucléaire"

Tout comme l’a fait samedi le président de la N-VA Bart De Wever, l’économiste Paul De Grauwe (London School of Economics) plaide en faveur de l’énergie nucléaire. "Pour des raisons environnementales, je suis pour", a-t-il déclaré dans une interview accordée au journal du dimanche De Zondag. "L’énergie nucléaire ne s'accompagne pas d'émissions de CO2". Dans la même interview, il qualifie également de "mal nécessaire" la diminution du nombre de citytrips en avion et souhaite que les millionnaires soient taxés de "70 à 80 pour cent".

Alors que l'économiste Paul De Grauwe (72 ans) est confronté à des tas de questions sur le Brexit ces derniers temps, il a aussi un avis tranché sur le réchauffement climatique et la politique à mener en la matière.

Il souligne qu'il est du côté de toutes les "lycéens qui sèchent les cours pour le climat ". "Le climat doit être notre priorité numéro un. Nous devrions agir maintenant, mais ce n'est pas le cas. Nous risquons vraiment de nous retrouver avec une planète inhabitable. Je pense que c'est formidable que les jeunes fassent passer ce message dans la rue. Les adultes sont secoués par les jeunes".

Paul De Grauwe trouve que les réactions négatives sur les médias sociaux face aux "lycéens qui sèchent les cours pour le climat" sont carrément "des réactions aigries d'hommes blancs effrayés". "Non, nous ne devrions pas demander de solutions aux jeunes. C'est aux adultes de décider ", estime-t-il.

Paul De Grauwe propose également quelques solutions. Par exemple, il est en faveur de l'énergie nucléaire. "Il faut regarder ce qui se passe en Allemagne avec la sortie du nucléaire. Pour remplacer l'énergie nucléaire, ils y brûlent plus de charbon. C'est de la folie, n'est-ce pas ? Je suis, bien sûr, favorable aux énergies renouvelables. Mais l'offre actuelle est insuffisante pour couvrir la demande".

Ceux qui osent suggérer le maintien du nucléaire sont considérés comme des hérétiques

Tout le débat sur l'énergie nucléaire met même De Grauwe en colère. "Je vois un fanatisme religieux à propos de l'énergie nucléaire. Ceux qui osent le suggérer son maintien sont considérés comme des hérétiques. Retourner aux combustibles fossiles ? Pourquoi ne pas au moins penser aux coûts et aux avantages de l'énergie nucléaire ?

Mettre fin aux billets d’avions à 30 euros

Le principe de base de De Grauwe est et reste : le pollueur-payeur. Même en ce qui concerne le trafic aérien. "Nous devrions oser être honnêtes. Aujourd'hui, il y a trop de vols parce que c'est trop bon marché. Vous devez vous attaquer à ces prix. Et oui, peut-être que les gens réserveront moins de citytrips. C’est peut être un mal nécessaire."

"Je connais une femme Polonaise qui se rend régulièrement à Varsovie pour un week-end pour 30 euros. C'est absurde ! Ce billet ne reflète pas le coût réel du voyage en avion. Si le coût réel d'un vol est de 300 euros - hors émissions - alors 300 euros doivent être facturés. Nos dirigeants politiques pourraient imposer des taxes supplémentaires aux compagnies aériennes".

Vers un transfert fiscal

Enfin Paul De Grauwe plaide également en faveur d'un transfert de la charge fiscale afin de garantir que les revenus faibles et moyens ne soient pas les victimes d'un changement de politique  en faveur du climat.

"Tous les revenus supérieurs à 1 million d'euros devraient être imposés à 70%, voire 80%. Soyons honnêtes : ces millionnaires ont aussi beaucoup trop d'influence politique. Pensez-vous qu'il est normal que les héritiers d'Albert Frère ne soient pas imposés ? Ce n'est pas possible, n'est-ce pas ? Cela sape même notre démocratie. Paul De Grauwe est aussi très clair à propos des voitures de société : "Eliminez ces avantages. Donnez plutôt une augmentation salariale aux gens".