BELGA/LALMAND

Dès le 7 février certains produits médicaux seront vendus au supermarché

Les patients et prestataires de soins en Belgique pourront bientôt trouver plus facilement et à moindre coûts une série de produits médicaux, comme notamment du matériel stérile tel que des pansements et des sondes. Leur vente ne sera plus limitée aux seules pharmacies. Ces dernières sont inquiètes.

Des pansements stériles, des compresses, des sondes, des pommades chauffantes ou des sprays de refroidissement feront leur apparition dès le 7 février dans les rayons de supermarchés ou d’autres commerces. Ceci doit permettre de faire baisser les prix et augmenter leur disponibilité, indique la ministre fédérale la Santé publique, Maggie De Block. "Nous voyons que dans d’autres pays où cette mesure a été introduite, les prix ont baissé et il y a davantage de concurrence".

Pour le matériel médical qui requiert une prescription, seules les pharmacies pourront encore toujours les vendre. "Quand il s’agit d’antidouleurs, il y a un certain danger, tout comme pour les patients qui ont un ulcère à l’estomac. C’est différent alors", indique Maggie De Block.

Pas tous les supermarchés pourront vendre des produits médicaux. Ils doivent d’abord s’enregistrer auprès de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). "La qualité et la sécurité doivent être garanties pour l’utilisateur", souligne la ministre.

La Fédération du commerce et des services Comeos s’attend à ce que beaucoup de supermarchés se fassent enregistrer pour pouvoir vendre ce matériel médical. "Nous réclamons déjà de longue date la vente libre de produits médicaux", indique le porte-parole Hans Cardyn.

"Un raisonnement purement économique est déplacé "

Ces changements sont rendus possibles par l'entrée en vigueur d'une nouvelle réglementation sur la distribution des dispositifs médicaux inspirée par un règlement européen de 2017. Les produits vendus en grandes surfaces devront toutefois répondre aux mêmes critères stricts de qualité, de sécurité et de traçabilité que ceux vendus par les pharmaciens.

Cette plus grande accessibilité ne vaudra toutefois que pour les dispositifs médicaux vendus sans prescription. Les pharmacies resteront le point de vente exclusif des médicaments.

Mais l’Association pharmaceutique Générale - l’organisation professionnelle des pharmaciens - est inquiète face aux nouvelles mesures. "Il fallait un compromis au niveau européen, mais nous craignons que la concurrence et la commercialisation vont encore augmenter", indique le porte-parole Lieven Zwaenepoel.

"Nous craignons que de l’aide médicale soit proposée aux patients sans l’encadrement nécessaire. Un raisonnement purement économique est déplacé. Il n’y a pas que le prix qui compte, mais aussi le choix du bon produit. Nous pensons par exemple à des pommades ou crèmes qui ressemblent à des médicaments mais n’en sont pas. Si vous achetez cela dans un supermarché, il n’y a pas de contrôle que ce soit effectivement le meilleur traitement. On ne vérifie pas s’il n’y aurait pas une maladie sous-jacente".