Mehdi Nemmouche prend la parole et clame son innocence dans l’attentat du Musée juif

L'accusé Mehdi Nemmouche a pris la parole jeudi matin pour condamner le vol de l’intégralité de son dossier dans le bureau de Me Lurquin mardi. "Je demande qu'on laisse tranquille tous les magistrats et tous les jurés, sans tenter de les intimider", a affirmé, clamant également qu'il n'avait rien à voir avec l'attentat du Musée juif de Bruxelles.

Au début de l'audience, Mehdi Nemmouche a pris la parole pendant six minutes et a souligné avec force qu'il n'avait rien à voir avec le vol. Il a indiqué vivre "comme une catastrophe" le cambriolage commis chez Me Lurquin et le fait que "certains voudraient apparemment" l'y relier. Il a condamné ces faits "avec la plus grande fermeté".

"J'interdis à qui que ce soit de poser quelque acte d'intimidation envers le moindre juge, le moindre juré, le moindre procureur, le moindre avocat, le moindre policier", a égrené Mehdi Nemmouche dans une déclaration en huit points. "Je demande de les laisser mener leur vie en toute quiétude, avec leur famille."

Il a précisé qu'il vivait "en isolement total" depuis son arrestation, à l'exception de quelques visites de membres de sa famille, et qu'il n'avait donc "strictement aucun moyen" de commanditer un tel cambriolage. "Je n'ai jamais fait partie d'une cellule terroriste, et je n'ai donc jamais eu de complice. Personne ne peut donc commettre des actes d'intimidation en mon nom". Il considère que ces faits ne peuvent d'ailleurs qu'influencer le jury en sa défaveur.

Selon l'accusé, le véritable motif du cambriolage serait le dossier d'Abdelkader Belliraj, un Belgo-marocain suspecté d'avoir fait partie d'une organisation terroriste et dont Me Lurquin assurait la défense. "Je suis persuadé que ce cambriolage n'a rien à voir avec mon procès", a-t-il expliqué.

Mehdi Nemmouche a aussi clamé son innocence dans le dossier du Musée juif. "Je condamne également les attentats de Paris et Bruxelles auxquels on essaie de me relier", lors desquels des "innocents" ont été tués, ce qu'"aucun Dieu" ne peut justifier, a-t-il poursuivi.

Me Lurquin a pris à son tour la parole pour souligner qu'il n'avait jamais mis en cause l'accusé dans le cadre de ce vol. Me Courtoy a, lui, précisé qu'il ne considérait pas que son collègue avait laissé entendre une telle chose. Il a cependant dénoncé ce qu'il considère comme des raccourcis effectués par la presse à cet égard.

Mardi, Me Vincent Lurquin, l'un des avocats de la partie civile au procès, a été victime d'un vol à son cabinet. Il a constaté la disparition entre autres du dossier de la tuerie au Musée juif. Une batte de baseball ainsi qu'une réplique d'une arme de type kalachnikov, modèle utilisé lors de l'attentat qui avait coûté la vie à quatre personnes, ont également été laissées sur son bureau.