NICOLAS MAETERLINCK

"Girl" de Lukas Dhont remporte quatre Magritte du cinéma

Les films "Nos batailles" du réalisateur bruxellois Guillaume Senez et "Girl" du Gantois Lukas Dhont sont repartis grands gagnants de la 9e cérémonie des Magritte du cinéma, qui se déroulait samedi soir à Bruxelles. Ils remportaient respectivement cinq et quatre distinctions.

Au cours de la soirée, "Nos batailles", deuxième long métrage du Bruxellois Guillaume Senez (40 ans), s'est distingué dans les sections "Meilleur film", "Meilleure réalisation", "Meilleure actrice dans un second rôle" (Lucie Debay), "Meilleur espoir féminin" (Lena Girard Voss) et "Meilleur montage".

"Cela fait plaisir. Cela me conforte dans l'idée que j'ai bien fait de faire tous ces sacrifices parce qu'être réalisateur c'est compliqué, c'est une vraie traversée du désert. Donc ça me donne un petit peu de baume au cœur pour continuer à avancer, continuer mes batailles", a déclaré Guillaume Senez à l'issue de la cérémonie.

Le réalisateur s'est par ailleurs réjoui du prix pour la réalisation car il n'avait pas eu le privilège d'être retenu dans cette section avec son film « Keeper » (2016), pourtant nommé par huit fois à l'époque.

De son côté, le long métrage "Girl" (photo) - sorti en 2018 au Festival de Cannes, où il a reçu notamment la Caméra d’Or - est reparti avec les Magritte du "Meilleur acteur" (Victor Polster qui incarne Lara), du "Meilleur scénario original ou adaptation", du "Meilleur acteur dans un second rôle" (Arieh Worthalter, qui joue le père de Lara) et du "Meilleur film flamand". Le drame raconte l'histoire de Lara qui rêve de devenir danseuse étoile alors qu'elle est née dans le corps d'un garçon.

"C'est vraiment incroyable. Merci à l'Académie d'avoir voté pour moi. Je voudrais d'abord remercier Nora Monsecour qui a inspiré (...) le film et que j'admire énormément comme toutes les personnes qui choisissent d'être elles-mêmes", a déclaré le jeune acteur et danseur bruxellois Victor Polster (17 ans, photo à dr.) sur scène.

Nora Monsecour, Lukas Dhont et Victor Polster (2018) Belga

"Pour moi, c'est une histoire sur le fait d'essayer d'être la plus vraie version de soi-même. Quand j'ai rencontré Nora, quand j'ai lu cette histoire, c'était vraiment pour moi l'histoire d'une jeune qui, dès son plus jeune âge, essayait d'être la version la plus authentique d'elle-même", a renchéri Lukas Dhont à ce sujet.

Un Magritte pour Raoul Servais

Pour le reste du palmarès, Thomas Mustin, alias Mustii, s'est révélé "Meilleur espoir masculin" pour sa prestation dans "L'échange des princesses" de Marc Dugain. "Bitter flowers" d'Olivier Meys s'est lui imposé comme "Meilleur premier film". Quant à "L'homme qui tua Don Quichotte" de Terry Gilliam, il a été sacré "Meilleur film étranger en coproduction".

Côté court métrage, "Icare" de Nicolas Boucart s'est imposé en fiction et "La bague au doigt" de Gerlando Infuso en animation. En ce qui concerne les documentaires, c'est "Ni juge ni soumise" de Jean Libon et Yves Hinant, avec la juge d'instruction Anne Gruwez pour figure centrale, qui est reparti avec les félicitations. Pour les prix techniques, "Laissez bronzer les cadavres" de Hélène Cattet et Bruno Forzani s'est vu attribuer les Magritte "Son", "Décors" et "Images"; et "Bye bye Germany" de Sam Garbarski, celui des "Costumes".

Un Magritte d'honneur a été remis au réalisateur Raoul Servais (photo) pour l'ensemble de sa carrière. Première Palme d'Or du cinéma belge (pour le court métrage Harpya), Lion d'Or à Venise et inventeur de la servaisgraphie, l'Ostendais Raoul Servais, aujourd'hui âgé de 90 ans, a marqué de son empreinte le cinéma d'animation belge et mondial.

Raoul Servais BELGA/PAPEGNIES