Nicolas Maeterlinck

Youth4Climate modifie sa tactique : "Nous voulons être partout dans le pays"

Bruxelles ne sera plus systématiquement le point de rendez-vous des jeunes de la plateforme Youth4Climate qui manifestent tous les jeudis. "Ce jeudi, ce sera Louvain. La semaine d'après, le jour de la Saint-Valentin, nous reviendrons à Bruxelles, de même que le 15 mars avec une journée d'action européenne dans 38 pays. Mais les autres jeudis, notre manifestation pour le climat aura lieu dans d'autres villes. Nous devons encore déterminer lesquelles", a expliqué ce lundi Anuna De Wever, l'une des initiatrices flamandes du mouvement.

"L'idée n'est pas tellement de réunir un nombre maximal de participants, mais de permettre aux gens de se mobiliser dans plusieurs villes, tant en Flandre qu'en Wallonie et à Bruxelles", a ajouté la co-initiatrice Kyra Gantois.

La semaine dernière, la participation de nombreux enfants d'écoles primaires à Louvain (Brabant flamand) avait suscité la critique, certains estimant que ces enfants étaient "manipulés" vu leur âge. "Je ne suis pas d'accord. J'ai parlé avec beaucoup de jeunes de cet âge et je peux vous l'assurer: ils savent très bien de quoi retourne la problématique du climat", répond Anuna De Wever.

Ce jeudi 7 février, les deux organisatrices marcheront donc à Louvain. Le bourgmestre de la ville universitaire, Mohamed Ridouani, a confirmé à VRT NWS que 10.000 étudiants sont attendus ce jour-là à Louvain. Mais des actions coordonnées par des groupes locaux auront lieu ailleurs dans le pays. Ainsi à Arlon, des élèves de l'Institut Sainte-Marie ont mis au point un parcours en collaboration avec la direction de l'école, le bourgmestre et la police, d'après L'Avenir. D'autres marches sont annoncées, notamment à Jodoigne.

A Liège, où 15.000 personnes ont marché la semaine dernière, des élèves du secondaire prévoient, après leur journée de cours, de ramasser les déchets trouvés en chemin et de déposer des sacs poubelles devant l'hôtel de Ville, rapporte Sudpresse. Outre les manifestations, plus de 1.500 personnes se sont enregistrées sur la plateforme www.youth4climate.be, sur laquelle chacun est invité à poster ses idées pour le climat.

"Avec des experts, nous travaillons sur des plans pour une politique climatique ambitieuse et efficace. Il ne s'agit pas uniquement de manifester, même si cette prise de conscience reste très importante", souligne Anuna De Wever (photo, à dr.).

Ce mardi, Anuna De Wever aura un entretien via Skype avec Greta Thunberg, l'adolescente suédoise qui a lancé les protestations hebdomadaires devant le Parlement de son pays. "Elle est un grand exemple pour moi. Thunberg fait preuve de plus de courage que n'importe quel politicien à l'heure actuelle", déclarait Anuna De Wever dimanche dans l'émission "Touché" sur Radio 1 (VRT). 

Anuna tend la main à Bart De Wever

Dans l'émission "Touché" de ce dimanche à la VRT (photo), Anuna De Wever déclarait également ne pas vouloir s'opposer au bourgmestre anversois Bart De Wever (N-VA), qui a exprimé des critiques à l'encontre des jeunes réclamant une meilleure politique environnementale. Le président des nationalistes flamands estime que les jeunes feraient mieux d'étudier plutôt que de sècher les cours pour aller manifester, afin de pouvoir rechercher des solutions technologiques au problème du réchauffement climatique. 

"Il y a déjà beaucoup d'experts", répondait l'adolescente de 17 ans. "Si nous attendons d'être aussi loin qu'eux, il sera de toute façon trop tard et peut-être qu'on nous ignorera alors aussi". Anuna veut plutôt tendre la main à Bart De Wever: "En fait, je préfèrerais travailler avec lui et tous les partis politiques. Le climat n'a pas de couleur. Il est au-dessus de tout cela, et il concerne tout le monde". 

L'initiatrice de Youth for Climate étend son appel à tous les partis politiques. "Arrêtez de vous accuser mutuellement. Il faut collaborer. Je trouve ridicule de devoir mettre la pression en tant qu'adolescente de 17 ans. Donnez-vous la main et mettez-vous au travail", lançait la jeune Flamande.