Après avoir remis en cause la spontanéité des manifestations pour le climat, Joke Schauvliege fait machine arrière

Sous le feu des critiques après avoir remis en cause la spontanéité des manifestations des jeunes pour le climat, la ministre flamande de l'Environnement, Joke Schauvliege (CD&V), a reconnu, mardi, ne pas avoir eu de contact avec la Sûreté de l'État, contrairement à ce qu'elle avait affirmé au cours d'un discours, ce samedi, devant des membres de l'ABS, un syndicat agricole flamand. "Je m'excuse d'avoir tenu ces propos", a-t-elle déclaré dans l'émission De Ochtend sur Radio 1 (VRT). "Je n'ai pas voulu travestir la vérité mais je suis allée trop loin", a-t-elle ajouté.

L'origine de la tempête le discours tenu samedi à Lierde, en Flandre orientale par la ministre Joke Schauvliege devant un parterre de représentants de l'ABS, l'Algemeen Boeren Syndicaat. Elle y a affirmé que les manifestations des jeunes pour le climat, organisées chaque jeudi depuis plusieurs semaines, font l'objet d'une manipulation.

Selon la ministre flamande, ces actions sont téléguidées par des organisations environnementales qui voudraient faire payer au CD&V son soutien aux grandes manifestations agricoles ayant conduit, à l'époque, à la démission de Vera Dua (Agalev/Groen).

"Je sais qui se cache derrière ce mouvement, tant pour les manifestations dominicales que pour les marches des jeunes pour le climat. On me l'a aussi dit à la Sûreté de l'État. Je peux vous garantir qu'il y a plus, derrière tout cela, que des actions spontanées de solidarité pour le climat", assure Joke Schauvliege devant l'ABS, déclenchant une polémique qui ne cesse depuis de rebondir.

Lundi, au terme d'une réunion de crise à son cabinet, Joke Schauvliege apporte un premier démenti, qu'elle confirme ce mardi sur Radio 1. "Ce discours n'était pas correct. Ces dernières semaines, j'ai peu dormi et je me suis laissée envahir par la frustration. Je suis un être humain et je peux me tromper", déclare-t-elle en admettant ne pas avoir eu de contact avec la Sûreté de l'État.

"Mais je n'ai pas menti. Je suis allée trop loin", ajoute-t-elle dans la foulée.
"C'est dommage que ces propos aient été tenus mais je peux présenter un beau palmarès en matière de climat et je voudrais poursuivre mon travail", estime encore la ministre qui a eu un entretien sur le sujet avec son président de parti, Wouter Beke. "Il trouve également dommage que ce discours ait eu lieu", selon Joke Schauvliege.

Geert Bourgeois : "Des propos malheureux"

Les propos de la ministre de l'Environnement sur les manifestations pour le climat et la Sûreté de l'État sont malheureux mais c'est bien qu'elle se soit excusée", a de son côté réagi le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA).

Anuna De Wever : "Ce sont des mensonges"

Quant à Anuna De Wever, l'étudiante à l'origine des "jeudis pour le climat", elle a assuré vouloir continuer à travailler avec la ministre, "malgré ses mensonges", afin de définir une politique climatique plus ambitieuse.  "Nous n'avons jamais été approchés par des personnes ou des groupes ayant des intentions politiques" a-t-elle confié.