Ricardo Smit

Sécurité nucléaire : Google refuse de brouiller les images de nos centrales

Malgré une demande officielle de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) et du ministre de l'Intérieur, Google refuse de flouter les images satellites des centrales nucléaires belges, relève De Tijd, vendredi. L'AFCN y voit un réel risque sécuritaire.

La demande des autorités belges date du 18 octobre dernier, et concerne notamment l’application gratuite du géant de l’internet, Google Earth.

"Il y a eu des contacts sur cette question, mais il n'y a en Belgique pas de base juridique permettant de contraindre Google à brouiller ces images", déclare Michiel Sallaets, porte-parole de Google en Belgique.

Une analyse de sécurité de l'AFCN a révélé que diffuser publiquement des images précises des réacteurs de Tihange ou de Doel comporte un risque, notamment pour des attaques. Une commission d'enquête française était arrivée à la même conclusion.

Exception à Kleine-Brogel

L'organe de surveillance nucléaire n'en restera pas là, d'après sa porte-parole Ines Venneman: "Nous maintenons notre point de vue. Ces images doivent être brouillées et nous allons étudier les pistes possibles pour y parvenir. En premier lieu, nous allons essayer de suivre l'exemple de la Défense, qui a réussi à obtenir le floutage de sites militaires."

D’après De Tijd, seuls certains sites militaires ont totuefois obtenu cette faveur, dont la base de l’OTAN à Kleine-Brogel, où se trouvent des armes nucléaires. De nombreux autres sites de l’armée n’ont pas été floutés, tout comme d’autres lieux dits sensibles, tels que l’ambassade américaine à Bruxelles, ou encore le siège de la Sûreté de l’Etat.

Le quotidien fait également remarquer que des images aériennes très précises des centrales nucléaires belges se trouvent également sur le site des autorités flamandes, geopunt.be.