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Les trottinettes électriques : exemples de mobilité durable ou de marketing intelligent?

"Durable", "facile à utiliser", "alternative à la voiture"… Les entreprises comme Lime ou Bird ne manquent pas d’arguments pour promouvoir leurs trottinettes électriques partagées. Pourtant, des experts en mobilité mettent en doute leur réel caractère de mobilité durable.

Les trottinettes électriques poussent comme des champignons dans les rues des grandes villes comme Anvers et Bruxelles.

Seulement, pour continuer à fonctionner, il faut recharger les batteries des trottinettes. Des entreprises comme Lime et Bird laissent cette tâche à leurs utilisateurs. Contre rémunération, bien sûr. De cette façon, ils n'ont pas besoin de recruter du personnel et de fournir eux-mêmes des points de recharge et ils augmentent leurs profits.

Selon Jonatan de Boer, directeur général de Bird Benelux, les économies de coûts ne sont pas l'argument le plus important. "Le grand avantage est que nous pouvons ainsi déployer très rapidement un grand groupe de personnes qui peuvent charger les scooters électriques ou les rentrer à l’intérieur en cas de très mauvais temps."

Cette méthode est couronnée de succès et cela se reflète sur la valeur marchande de l'entreprise. "Bird est vraiment un acteur mondial ", explique Nils Wuytens, conseiller en mobilité chez The New Drive. "La société a actuellement une valeur estimée à environ 2 milliards de dollars et réalise des bénéfices. C'est bon pour les actionnaires."

Durable, vraiment ?

Bird déclare qu'il s’engage fortement à promouvoir la mobilité durable. En proposant des trottinettes partagées, l’entreprise prétend proposer une alternative à la voiture.

Mais Nils Wuytens a des doutes : "L'objectif principal de Bird est la maximisation du profit. Ils le font en laissant leurs utilisateurs fournir les services qu'ils devraient normalement fournir, comme la recharge de ces appareils. Si vous savez qu'une trottinette a une durée de vie entre 300 et 500 trajets, selon les différentes sources sur Internet, alors on ne peut pas vraiment parler de solution durable. Cela signifie que les trottinettes électriques n'auraient qu'une durée de vie d'un à deux ans. Je ne pense donc pas que nous puissions parler d'une solution de mobilité vraiment durable."

Le potentiel des nouveaux moyens de transport est néanmoins considérable. Mais un cadre réglementaire fédéral est encore loin d'être en place, et cela peut poser des problèmes. Nils Wuytens explique que dans des villes, comme Santa Monica ou Los Angeles, il y a eu pas mal de problèmes : les "chargeurs" font tout ce qui est en leur pouvoir pour obtenir le plus de trottinettes possible.

Le conseiller en mobilité conclut : "Bird et le gouvernement n'ont pas de législation concrète. Les personnes qui rechargent les trottinettes peuvent faire ce qu'elles veulent, ce qui pose parfois problème. C’est le même problème qu'avec Uber il y a quelques années. La technologie a pris le pas sur notre cadre réglementaire, nous devons donc prendre d'autres mesures pour rester à jour."

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