Certificats halal : L’Exécutif des musulmans de Belgique déplore l’absence de cadre juridique

L'exécutif musulman de notre pays demande davantage de contrôles sur les certificats halal, les étiquettes qui indiquent qu’un produit alimentaire répond aux principes et règles de consommation prescrits en Islam. "Pour l'instant, il n'y a pas de cadre juridique", a déploré le vice-président de l’Exécutif Bayram Saatci dans l’émission "De ochtend" (VRT).

C’est grâce à un autocollant qui figure sur l’emballage d’un paquet de viande que les clients d’un supermarché savent que cette viande est halal.

Mais tous les autocollants ne sont pas valables car il existe toute une gamme de certificats halal. Aux Pays-Bas, l'organisation "Contactorgaan Moslims en Overheid" demande plus de clarté. Et chez nous aussi il y a de nombreuses différences entre les certificats halal, d'après un sondage réalisé pour l’émission "De ochtend" sur Radio 1.

"On ne sait pas exactement ce qui a été certifié et comment cela s'est passé ", a déclaré Rachid Lamrabat du bureau d'ethnomarketing Tiqah. "Il n'y a pas de ligne directrice claire. Nous savons simplement qu'à la fin, il y a un certificat indiquant que le produit peut être vendu aux musulmans. Les clients d'aujourd'hui font donc confiance au commerçant ou au boucher.

"On ne sait pas non plus toujours quels critères ont été utilisés pour délivrer un certificat ", ajoute Koen De Praetere de Halal Balancing.
Koen De Praetere guide les entreprises qui veulent entrer sur le marché halal. "En Belgique ou en Europe, la délivrance des certificats n'est pas réglementée par la loi. C'est différent dans d'autres pays. En Malaisie, par exemple, il existe un département halal de l'Etat et à Dubaï également, une législation a récemment été adoptée.

Cela doit changer chez nous aussi estime l’Exécutif des musulmans de Belgique. L'organe représentatif du temporel du culte islamique de Belgique préconise un meilleur contrôle de ces labels. "Nous sommes favorables à la centralisation de l'émission de ces certificats, afin d'assurer le contrôle et la transparence. Aujourd'hui, il n'existe aucun cadre juridique et de nombreuses entreprises privées sont actives dans ce secteur, sans aucun contrôle. Nous pouvons évoluer vers un label de qualité comme le certificat bio, mais cela nécessiterait un cadre juridique. L'exécutif des musulmans de Belgique voudrait exercer ce contrôle lui-même.

"Toutefois une certificat halal commun à tous les musulmans ne serait pas simple à créer" ajoute Koen De Praetere. "En effet, il n’y a pas d’idée commune de ce qui est halal ou non. Donc établir une seule norme sera difficile".

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