La justice anversoise démasque un gang criminel qui aurait des liens avec Melikan Kucam

Les enquêteurs de la police judiciaire fédérale d'Anvers ont effectué 46 perquisitions ce mardi dans le cadre d'une enquête d’envergure sur une importante organisation criminelle impliquée dans le trafic de drogues et d'armes, le blanchiment d'argent et la corruption. C’est ce qu’a indiqué le parquet d'Anvers dans un communiqué. Quinze personnes ont été interpellées. D’après les informations reçues par VRT NWS, l’enquête menée actuellement à propos de Melikan Kucam (photo) - le conseillé communal malinois N-VA qui serait impliqué dans une affaire de fraude avec des visas humanitaires - serait liée à l’enquête sur le trafic d’armes et de drogues.

"Il semble que l'organisation vise à acquérir le plus grand pouvoir criminel possible, en jouant sur différents fronts", a commenté le parquet d’Anvers ce mardi. "L'organisation tente d'obtenir de l'influence au sein de la police, des services communaux, du port, dans la politique, le milieu bancaire ou encore l'église en Belgique. Des contacts avec des personnes proéminentes et influentes en Turquie ont également été détectés."

L'enquête a démarré en novembre 2017, après un rapport sur l'existence d'une telle organisation. Des écoutes téléphoniques et des méthodes d'enquête spéciales ont permis de suivre la trace de cette organisation criminelle. La police judiciaire fédérale a déjà consacré 26.370 heures à cette investigation.

Il en est ressorti que l'organisation semble impliquée dans plusieurs affaires suspectes. "Il est question d'un trafic et de tentative de trafic de cocaïne au port d'Anvers. Des bénéfices patrimoniaux acquis illégalement auraient été investis dans des entreprises, des biens immobiliers et des armes. De l'argent a également transité vers la Turquie."

L'organisation criminelle est soupçonnée d'avoir demandé à plusieurs policiers de lui fournir des services. Un agent communal corrompu aurait également fourni de faux documents d'identité contre paiement. Des contacts dans le secteur bancaire auraient en outre transmis des créances bancaires émises par la justice à l'organisation. Celle-ci semble s'être structurée autour d'un pouvoir changeant, ce qui, selon le parquet, met en évidence une lutte intestine. Cela ressort également de plusieurs incidents violents internes.

Ce mardi, quelque 46 perquisitions ont été menées à Anvers et dans ses environs. Plus de 300 policiers ont pris part à l'opération. Quinze personnes ont été privées de liberté. La majorité d’entre elles sont des Assyriens. Ils seront entendus mardi et mercredi.

Bart De Wever, le bourgmestre anversois, ne voulait pas encore réagir à propos de l’enquête judiciaire.