Le point sur la grève nationale de ce mercredi

Depuis mardi soir 22h, une grève nationale est menée par les trois grands syndicats FGTB, la CSC et la CGSLB dans tout le pays. La raison de cette grève nationale est l'échec des négociations sur un accord interprofessionnel (AIP) du secteur privé pour la période 2019-2020. Le Conseil central de l'Économie a fixé à 0,8% la marge de progression salariale en plus de l'indexation. Aux yeux des syndicats, cette marge est insuffisante. Ils exigent une hausse du pouvoir d'achat. La Belgique risque bien de tourner au ralenti ce mercredi. Des transports en commun à l'accueil des élèves dans les écoles, en passant par les aéroports où tous les vols sont détournés, de très nombreux secteurs sont paralysés.

La dernière grève générale qu'ait connu la Belgique remonte à décembre 2014. Les syndicats étaient alors en colère contre les mesures prévues par le gouvernement Michel. Ce mercredi, ils s'en prennent aux employeurs du secteur privé, même si les organisations syndicales du secteur public se joindront également à la grève par solidarité.

De nombreux navetteurs semblaient avoir pris leurs dispositions mercredi matin, la situation étant "exceptionnellement calme" pour un jour de semaine, selon le Centre flamand du trafic.

"On distingue à peine la formation de files", souligne le Centre. Le pic de bouchons cumulés sur le réseau routier belge a été atteint vers 08h00-08h30 avec une quarantaine de kilomètres contre 160 pour un mercredi habituel à ce moment de la journée. Les automobilistes ont donc probablement cherché une autre solution. Les experts du trafic avaient fait un constat similaire lors des quelques jours d'offensive hivernale. 

A Bruxelles seule une ligne de métro roule partiellement

La circulation des métros, trams et bus à Bruxelles était fortement perturbée ce mercredi matin vers 8h en raison du mouvement de grève nationale. Seule une des quatre lignes de métro était exploitée partiellement, tandis que les véhicules de six lignes de tram et quatre de bus roulaient.

Les métros ne circulaient en matinée que sur la ligne 1 entre les stations Gare de l'Ouest et Montgomery, précisait la Stib sur Twitter. Un bus navette assurait toutefois la liaison entre Simonis et De Brouckère.

Des trams roulaient sur les lignes 3, 4, 7, 51, 82 et 92, ainsi que des bus sur les lignes 29, 46, 71 et 87, mais avec une fréquence réduite par rapport à la normale.

La société de transports en commun bruxelloise précisait peu avant 8h qu'aucune ligne supplémentaire de tram ou de métro ne roulerait ce mercredi. "Nous nous efforçons de maintenir en fin de journée la même offre de service proposée en matinée, de manière à permettre aux navetteurs qui se sont rendus sur leur lieu de travail en transport en commun de rentrer chez eux", précisait une porte-parole de la Stib.

Brussels Airport désespérément vide

Skeyes, le gestionnaire de notre espace aérien, s’est vu contraint de ne pas autoriser le trafic aérien entre mardi 12 février 22h et ce mercredi 13 février 22h au-dessus de la Belgique. Par conséquent, tous les vols passagers et cargo opérés à Brussels Airport sont annulés durant cette période.
Bien que le terminal reste ouvert, Brussels Airport demande à tous les passagers de ne pas se rendre à l’aéroport ce mercredi. Les passagers impactés par cette grève nationale sont priés de contacter leur compagnie aérienne.

Le journaliste de la VRT Riadh Bahri est arrivé à Brussels Aiport ce mercredi matin et a constaté qu'à part un passager perdu çà et là, le hall des départs est désespérément vide. Tous les vols sont déviés via des aéroports de pays frontaliers, notamment Lille-Lesquin et Cologne. Des passagers bloqués à Zaventem seront transférés en bus vers ces aéroports.

Les grandes entreprises anversoises à l'arrêt

L'appel à la grève est particulièrement bien suivi dans les grandes entreprises de la province d'Anvers, comme au sein d'Atlas Copco et Coca-Cola à Wilrijk ou Agfa à Mortsel, selon le syndicat socialiste. "Il y a des piquets de grève mais ils sont finalement purement symboliques." Dans les entreprises chimiques du port d'Anvers, seul le personnel essentiel est à l'œuvre.

"La volonté de faire grève est énorme au sein de nombreuses entreprises", constate Marina Van den Bulck, de la FGTB Anvers. "Nous remarquons cela pour la première fois dans certaines entreprises, comme chez ESAS et Galva Power." D'importantes sociétés comme Coca-Cola et Atlas Copco, toutes deux situées à Wilrijk, sont tout simplement fermées mercredi matin, les piquets de grève installés ne servant finalement qu'à informer. Dans le port d'Anvers, des piquets de grèves occupent les entrées d'entreprises chimiques comme BASF, Bayer ou Ineos.

Dans de nombreuses entreprises, seul le personnel essentiel à la sécurité des usines est au travail. Le syndicat socialiste constate que certaines entreprises tentent de casser la grève en promettant des primes aux volontaires ou en laissant travailler du personnel au-delà de leur horaire normal. "Ce sont des atteintes au droit de grève et nous allons faire appel à l'inspection économique", avertit Bruno Verlaeckt, président de la FGTB Anvers.

La grève particulièrement bien suivie dans le Limbourg

Les syndicats ont installé mercredi matin des piquets de grève dans les grandes zones industrielles de Houthalen-Sud, Tongres-Est et Genk-Nord, paralysant complètement cette dernière. Une centaine de blocages sont recensés dans tout le Limbourg, précisait la FGTB.

De nombreuses entreprises ont pris leurs précautions et fermé leurs portes à l'annonce de la grève nationale, menée en front commun syndical par la CSC, la FGTB et la CGSLB. "Des travailleurs de diverses sociétés bloquent ensemble les accès aux entreprises, ce qui est assez nouveau", selon Rob Urbain, responsable de la Centrale générale de la FGTB.

La grève est particulièrement bien suivie dans le Limbourg avec une centaine de piquets dressés, assurent les syndicats. La FGTB précise que l'ambiance est par ailleurs relativement calme aux barrages.
 

Les entreprises de Flandre occidentale fortement touchées

En Flandre occidentale, la grève nationale de mercredi touche principalement les entreprises, l'aéroport d'Ostende et les ports. De nombreux sites industriels sont fermés. Les administrations communales connaissent moins de perturbations.

Des actions de grève sont menées dans des dizaines d'entreprises de la province, notamment chez Picanol à Ypres, dont les portes sont restées closes. D'autres sites sont aussi inaccessibles aux véhicules, comme à Wevelgem où se situe Alpro. Les personnes souhaitant s'y rendre doivent le faire à pied. 

L'aéroport d'Ostende est à l'arrêt complet, les vols de passagers et de fret ont été déviés. Une permanence est organisée pour les interventions d'urgence. La situation est identique à Deurne. Rien d'étonnant puisque Skeyes a annoncé mardi la fermeture de l'espace aérien belge de 22h mardi à la même heure mercredi.
Au port de Zeebrugge, 90% des dockers sont en grève et des représentants syndicaux bloquent les voies de transport. L'impact sur la navigation est cependant limitée: les ponts et écluses sont opérationnels et seuls quelques bateaux devraient être bloqués.

Les administrations publiques sont moins touchées par le mouvement. Il y a bien des grévistes, mais les services restent accessibles. Certaines crèches, piscines et musées sont fermés, ainsi que certains parcs à conteneurs.