Le SP.A réclame une audience supplémentaire sur "l’argent libyen disparu"

Le député socialiste flamand Dirk Van der Maelen (photo) appelle à la tenue d'une audience supplémentaire dans le dossier des fonds libyens après la diffusion d'une enquête menée par la VRT et la RTBF sur la bataille judiciaire entre le prince Laurent et la Libye, et les 2 milliards de fonds gelés que la Belgique a débloqués. Le reportage "Pano" était diffusé mercredi soir par la VRT. Sa consœur francophone en faisait de même dans son émission "Questions à la Une".

"Après près d'un an d'actualités, 20 questions parlementaires et deux auditions, nous n'avons toujours pas de réponses sur les questions les plus pertinentes: Pourquoi a-t-il été décidé de libérer les fonds libyens? Qui a pris cette décision? Que sont devenus ces milliards? Qui était responsable politiquement? Nous sommes totalement dans le flou", déclarait Dirk Van der Maelen mercredi soir.

"Je demande de toute urgence qu'une audience supplémentaire soit organisée en commission Finances pour enfin obtenir la transparence digne d'une démocratie. Il nous reste six semaines afin d'examiner cette question en détails."

Le reportage en question, diffusé mercredi soir sur la VRT et la RTBF, révèle que les fonds débloqués par la Belgique pourraient avoir été utilisés pour armer des milices libyennes. "Le gouvernement a échoué à donner au parlement toutes les informations qui lui sont nécessaires pour vérifier que les décisions prises par le gouvernement sont conformes au droit international", poursuit de député SP.A.

"D'autant plus que les Nations Unies affirment être en opposition à la résolution du Conseil de sécurité et que le prince Laurent se sent discriminé. Le gouvernement belge se plie en quatre pour que des sociétés d'armement belges récupèrent leur argent, mais laisse le prince se débrouiller avec un arrêt de la cour d'appel qui a confirmé sa créance."

"Y a-t-il davantage là derrière? Les déclarations contradictoires de l'ancien administrateur général du Trésor, Marc Montbaliu, le laissent supposer. A-t-il agi seul ou pour le compte d'un membre du gouvernement?", s'interroge le socialiste, soulignant qu'il s'agit d'une affaire "très sérieuse à portée internationale".

Laurent : "Je me sens personnellement touché"

Dans l’enquête menée conjointement par la rédaction de "Pano" (VRT) et celle de "Questions à la Une" (RTBF), le prince Laurent (photo, à dr.) dénonce une "volonté de (lui) nuire" dans le chef du gouvernement et de certaines administrations.

Le prince a accordé une interview rare aux journalistes Maïté Warland et Wim Van den Eynde (photo). Dans cet entretien, il qualifie les activités de son ASBL, qui visaient à reboiser des zones arides du désert libyen, de "projet d'une vie". "J'étais prêt à m'exiler à Tripoli, (...) mes enfants avaient même commencé à apprendre l'arabe", affirme le prince Laurent.

Il dénonce l'attitude du gouvernement à son égard, alors qu'une décision de justice a enjoint l'exécutif à faire le nécessaire pour récupérer les 50 millions d'euros qui sont dus à son ASBL. "Je me sens personnellement touché parce que tous les projets que j'ai menés étaient bénéfiques pour la communauté, je ne vois pas pourquoi je suis stigmatisé, je ne l'accepterai jamais", affirme Laurent. "Je m'attendais à être confronté à de la corruption en Libye, mais ce que j'ai vécu en Belgique, je ne pouvais pas l'imaginer." Il dénonce des membres du gouvernement et certaines administrations qui font preuve d'acharnement à son égard, alors que l'exécutif est intervenu pour d'autres sociétés, parmi lesquelles des entreprises d'armement.

"Si j'avais été traité comme tout justiciable (comme l'avait affirmé Charles Michel en réponse à son courrier, NDLR), on aurait déjà été remboursé. Il y a une volonté de me nuire, à ma famille et à tous ceux qui me soutiennent", conclut le Prince. Il estime, quant au fond de l'affaire, qu'il est "clair" qu'il y a un "autre intérêt" que le sien qui est en jeu. "Il y a mort d'homme", souligne encore le prince Laurent au sujet des fonds libérés par la Belgique et qui pourraient avoir abouti entre les mains de milices et de terroristes.

S'il récupère l'argent qui lui est dû, le frère cadet du roi Philippe envisage de mettre en place des services de secours (écologiques) pour intervenir dans les zones de conflit.