Laurie Dieffembacq

La famille de la petite Mawda a obtenu un titre de séjour d’un an renouvelable

Les parents de la petite Mawda ont obtenu vendredi un titre de séjour d'un an renouvelable. La ministre en charge de l'asile et de la migration Maggie De Block (Open VLD) a décidé vendredi d'accorder une régularisation humanitaire à la famille de la petite Mawda au titre de circonstances exceptionnelles, neuf mois après le décès de la fillette tuée par le tir d'un policier.

Les parents de Mawda ont obtenu un titre de séjour d'un an mais celui-ci est renouvelable.
La petite Mawda, âgée de 2 ans, est décédée en mai de l’année dernière sur une autoroute près de Mons suite au tir d’un policier contre la camionnette où se trouvaient ses parents ainsi que d’autres migrants qui tentaient de rejoindre le Royaume-Uni.

"Mawda a été touchée par une balle devant les yeux de ses parents et de son petit frère et est décédée dans leurs bras. Perdre un enfant est le pire qui puisse arriver à quelqu'un. Je n'octroie de régularisation humanitaire que dans des circonstances exceptionnelles et pour des cas très spécifiques. Cette famille entre en considération à tous les niveaux", explique Maggie De Block.

Les avocats avaient entamé les démarches pour une régularisation dès le 28 mai, en avançant le souhait des parents d'avoir accès à la tombe de leur fille, tuée du tir d'un policier. "La famille reçoit ainsi une sécurité de séjour pour pouvoir suivre sereinement l'enquête judiciaire sur les circonstances du décès de leur fille et sur le possible procès", explique le cabinet de la ministre.

Pris en charge par le CPAS de Woluwe-Saint-Lambert

Par ailleurs, le tribunal du travail francophone de Bruxelles a jugé que la famille de Mawda devait être prise en charge par le CPAS de Woluwe-Saint-Lambert. La famille de cet enfant de 2 ans tuée en mai dernier par un tir policier survivait jusqu'ici grâce à l'argent récolté par la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés.

En octobre, le CPAS de Woluwe-Saint-Lambert avait refusé d'octroyer à la famille kurde de nationalité irakienne une aide sociale équivalente au revenu d'intégration sociale car l'Office des étrangers ne s'est toujours pas prononcé sur sa régularisation. La décision du CPAS précisait que les deux parents et leur fils mineur pouvaient recevoir une aide matérielle dans un centre d'accueil géré par Fedasil mais qu'ils avaient refusé d'y être hébergés. Saisi d'un recours par la famille, le tribunal du travail a jugé que celle-ci se trouvait dans une "situation de force majeure qui rend impossible [son] retour dans [son] pays d'origine (ou dans un autre pays)", peut-on lire dans la décision datée du 1er février dont Belga a obtenu copie.

Le CPAS de Woluwe-Saint-Lambert avait convenu qu'il ne ferait pas appel de la décision, dont il attendait qu'elle tranche le débat juridique.