Bart De Wever :"C’est au chef de l'Etat de demander pardon pour les atrocités commises au Congo"

"Il est nécessaire que la Belgique présente ses excuses pour les atrocités commises au Congo, mais il faut pour cela se tourner vers le chef de l’Etat". C’est ce qu’a déclaré Bart De Wever (N-VA), ce dimanche, lors de l’émission dominicale "De zevende dag" (VRT). Sa collègue de parti Zuhal Demir a estimé qu’il était grand temps que la Belgique présente ses excuses. Elle a regretté par ailleurs que lorsqu’elle était secrétaire d’Etat à l’Egalité des Chances, elle n’ait pas été autorisée à se rendre à l’inauguration du Musée d’Afrique centrale de Tervuren.

La question des excuses de la Belgique pour les atrocités commises au Congo était abordée à l’occasion du changement de nom du Delwaidedok (dock Delwaide) à Anvers.

Le conseil communal de la métropole a décidé de débaptiser ce dock en raison de la controverse entourant Leo Delwaide qui était bourgmestre d’Anvers durant la Seconde Guerre mondiale et impliqué dans la déportation des Juifs. L'historien Herman Van Goethem vient de publier un livre à ce sujet.

" Nous avons attendu la publication du livre pour opérer ce changement de nom" explique le bourgmestre actuel Bart De Wever. "Vous ne pouvez pas dire chaque année, le 8 mai, que "ça" (l'Holocauste ndlr.) ne peut plus jamais se produire, si vous ne regardez pas la réalité en face". Une manière donc de s’excuser de ce qui s’est passé durant la guerre. Peut-on alors s’attendre à un geste similaire envers les Africains ?

Il y a une semaine, un groupe d'experts des Nations-Unies sur les personnes d'origine africaine a recommandé aux autorités belges de présenter les excuses de la Belgique pour son passé colonial et les atrocités commises durant cette période "sombre" de son histoire.

"Quand vous parlez du passé colonial, ma thèse est toujours la même", ajoute Bart De Wever, "il faut éviter de pointer du doigt les responsabilités individuelles. Le monde est très gris. Gris clair, gris foncé, mais rarement noir et blanc. Vous devez oser exprimer un jugement collectif : "Comment nous, en tant que communauté, nous sommes-nous comportés dans l'histoire et il faut en tenir compte".

"Si un pardon historique devait être demandé, et je pense que c'est à l'ordre du jour, alors je pense qu'il revient au chef de l'Etat de s'exprimer, et c'est effectivement nécessaire". 

 "La figure de Léopold II, est inconournable. Il a également été condamné en son temps. Si un pardon historique doit être prononcé - parce que cela me semble vraiment approprié, car un grand nombre de personnes ont été assassinées pour de l'argent - alors je pense que nous devons nous tourner vers le chef de l'État pour prononcer cela. Je pense aussi que c'est effectivement nécessaire. Il faudra le faire" conclu le président de la N-VA.
 

Le monde politique circonspect

Jeudi, aucune question parlementaire d'actualité n'a été posée à la Chambre sur cette demande. Le premier à avoir réagi publiquement est le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) selon qui la Région doit s'inscrire dans le débat et les autorités belges être en état de reconnaître une responsabilité. Ecolo et le PS ont renvoyé à des propositions, pendantes à la Chambre, visant d'une part à la réalisation d'un travail de mémoire permettant la reconnaissance des responsabilités, d'autre part à une analyse scientifique des biens culturels que possède la Belgique.

Le Premier ministre Charles Michel s'est pour sa part étonné lundi d'un rapport intermédiaire jugé "très étrange".