"Le retour des djihadistes partis combattre en Syrie requiert une approche européenne commune"

Le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) est disposé à "rechercher le soutien le plus large possible" avec ses partenaires européens, afin de ramener et de traduire en justice les djihadistes partis en Syrie. Il a fait cette déclaration ce dimanche lors de l’émission "De zevende dag" (VRT).

Koen Geens répond ainsi aux pressions du président américain Donald Trump qui a appelé les pays européens à rapatrier et à juger leurs ressortissants faits prisonniers parmi les djihadistes en Syrie.

Cet appel de Donald Trump, formulé dans un tweet envoyé tard samedi soir, intervient alors que le groupe Etat islamique (EI) est sur le point de perdre le dernier territoire de son "califat" sous les coups de boutoir de l'alliance arabo-kurde et de la coalition internationale menée par les Etats-Unis.

"Les Etats-Unis demandent à la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et aux autres alliés européens de reprendre plus de 800 combattants de l'EI que nous avons capturés en Syrie afin de les faire passer en jugement", a écrit Donald Trump.

Le ministre de la Justice Geens a déclaré ce dimanche midi lors de l’émission "De zevende dag" qu'il s'attendait tôt ou tard à cette demande de Donald Trump. "Le retrait annoncé des Américains va signifier que les Kurdes qui gardent la plupart des camps dans le nord où ces combattants sont détenus pourraient être attaqués par les Turcs ", a-t-il déclaré.

Selon Koen Geens, le gouvernement belge est en contact permanent avec les pays voisins à ce sujet. Il prône une approche européenne commune et "tend à la soutenir". Le ministre comprend le caractère délicat de la question, mais souligne qu'il faut choisir la solution qui "présente le moins de risques possible pour la sécurité".

"Si ces combattants de l’Etat Islamique sont relâchés, nous ne savons pas ce qui leur arrivera ", dit-il. "Mieux vaut le contrôle que la liberté totale".

Selon Koen Geens, le nombre de djihadistes belges qui ont combattu pour l’Etat islamique serait néanmoins limité. Personnellement il a connaissance de 4 combattants. Mais il ajoute qu'il y en a encore qui seront capturés. "Dans les camps, il y a surtout des femmes et des enfants" .