Hamsa Nmili

Qui sont les combattants belges de Daesh détenus en Syrie ?

L’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (OCAM) a livré des chiffres détaillés sur les combattants belges de l’organisation terroriste Etat islamique (EI) emprisonnés au nord de la Syrie. Entre quatre et six djihadistes se trouvent actuellement derrière les barreaux. Le sort de 150 autres combattants belges demeure toutefois inconnu.

Le débat politique fait rage depuis que le président américain, Donald Trump, a appelé les pays européens à rapatrier et à juger eux-mêmes leurs ressortissants faits prisonniers parmi les djihadistes en Syrie. Après le départ annoncé des Américains, ces individus pourraient en effet se retrouver en liberté.

Quelques noms

Plusieurs pays européens sont concernés par cette situation, dont la Belgique. D’après l’OCAM, entre quatre et six Belges sont actuellement détenus au nord de la Syrie. Selon les sources de la VRT, il s’agit notamment de Hamsa Nmili et Caner Cankurtaran, tous deux originaires de Vilvorde.

Hamsa Nmili s’était radicalisé en 2011 après avoir fréquenté Sharia4Belgium. Il était parti deux ans plus tard vers la Syrie. Agé de 23 ans à l’époque, il avait rejoint un bataillon de Belges dans les rangs de l’EI. "L’EI était encore petit à l’époque", a-t-il témoigné en novembre dernier au micro du reporter de la VRT, Rudi Vranckx. "Le bataillon belge était connu. Nous étions une colonne vertébrale de l’EI", avait-il encore raconté. L’homme a fini par quitter Daesh en août 2017, mais a été fait prisonnier à Raqqa par les milices kurdes.

Visionnez ci-dessous l'entretien de Rudi Vranckx avec le djihadiste Hamsa Nmili (interview en néerlandais) :

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Caner Cankurtaran avait pour sa part déménagé avec ses parents en Turquie en 2012. Il avait alors traversé la frontière syrienne à deux reprises. Sur place, l’homme, de nationalité belge et turque, a épousé une Anversoise. Fin 2017, Cunkurtaran a été arrêté alors qu’il tentait de revenir en Turquie. En Belgique, il a été condamné par contumace à 15 ans d’emprisonnement.

Notons en outre que 17 femmes de nationalité belge et 32 enfants se trouvent actuellement dans des camps en Syrie.

En Irak aussi

En Irak, deux autres combattants belges se trouvent également derrière les barreaux. Il s’agit de Tarik Jadaoun, originaire de Verviers, et de l’Anversois Bilal al Machrohi.

Les autorités belges considèrent toutefois leur situation comme étant moins problématique, puisque contrairement à la Syrie, les deux hommes ont été ou seront jugés par les pouvoirs en place.

Tarik Jadaoun a déjà été condamné à la peine de mort mais peut encore faire appel. Bilal al Machrohi doit pour sa part bientôt se présenter devant le tribunal à Bagdad.

Et les autres ?

Le chiffre avancé par l’OCAM semble très faible alors qu’on sait que 422 Belges ont tenté de rejoindre ou sont partis vers la région en guerre. 142 d’entre eux ont certainement trouvé la mort, et 130 autres sont rentrés. Parmi ces derniers, une dizaine a été tuée, dont les terroristes impliqués dans les attentats de Bruxelles et de Paris.

Pour les 150 djihadistes restants, l’OCAM indique qu’ils se trouveraient au Moyen-Orient. La Sûreté de l’Etat soupçonne qu’un grand nombre d’entre eux sont morts dans les combats. Une autre partie serait détenue dans les prisons syriennes et risquerait dès lors d’être libérée.

Tarik Jadaoun