Trois eurodéputés s'introduisent au sein de la base militaire de Kleine-Brogel

Trois députés européens et quatre militants sont parvenus à s’introduire dans l'enceinte protégée de la base aérienne de Kleine-Brogel mercredi vers 8h15. Ils entendaient ainsi protester contre la présence présumée d'une vingtaine de bombes nucléaires américaines sur le site de la base limbourgeoise.

Les trois eurodéputées - membres du groupe Verts/ALE Michèle Rivasi (France), Molly Scott Cato (Royaume-Uni) et Tilly Metz (Luxembourg) - et les quatre militants de l'ONG Agir pour la Paix ont pénétré sur la base militaire vers 08h15 dans le cadre de la campagne "Nuke-Free zone".

Ils affirment avoir bloqué la piste de décollage des avions de combat F-16 - ce qu'a contesté le commandant de la base auprès de l'agence Belga - pour exiger le retrait des armes nucléaires américaines "illégalement stockées" en Belgique et Europe, la ratification du Traité d'interdiction des armes nucléaires de 2017 par tous les Etats membres de l'UE et la création d'une zone exempte d'armes nucléaires pour l'Europe.

Ils ont déployé une banderole portant le slogan "Europe Free of Nuclear Weapons" avant d'être interpellés. Agir pour la Paix a diffusé une photo des manifestants sur une piste brandissant cette banderole, avec un véhicule militaire blindé à l'arrière-plan.

Huit autres activistes se trouvant à l'extérieur de l'enceinte de la base, dont l'eurodéputé autrichien Thomas Waitz ont également été interpellés. Les autorités militaires les auraient emmenées dans l'enceinte, selon Agir pour la Paix. Peu avant 11h00, l'organisation indiquait que les quinze personnes interpellées étaient emmenées vers le commissariat de Bourg-Léopold d'où elles seront libérées.

L'intrusion de sept personnes a été confirmée par le commandant de la base, le colonel Jeroen Poesen. Mais il a assuré que les protestataires n'avaient occupé que la piste secondaire - et non la principale - et n'avaient pas atteint d'installations critiques.

Tout en affirmant "respecter la démocratie et le droit démocratique d'expression", il a assuré que de telles actions "mettent en péril la population" car la base de Kleine-Brogel assure, en alternance, avec celle de Florennes et les Pays-Bas, la mission de défense aérienne de l'espace aérien du Benelux.

"Aucun moyen pour gérer les conséquences d’une détonation nucléaire"

En juin 2018, huit militants de la même organisation, dont la députée Ecolo Zoé Genot, s'étaient introduits à Kleine-Brogel. La Défense avait par la suite porté plainte contre les activistes.

Le site a été investi par des activistes à plusieurs reprises ces dernières années. En 2012, 17 personnes avaient franchi les grillages. Six autres s'étaient également filmés sur les lieux en 2010.

Agir pour la Paix estime dans un communiqué "qu'à ce jour, aucun Etat ni aucune organisation internationale n'a les moyens médicaux, humains et logistiques qui permettraient de gérer les conséquences humanitaires et environnementales d'une détonation nucléaire". "C'est pourquoi il est essentiel que la Belgique montre l'exemple en joignant les gestes à la parole et oeuvre concrètement au désarmement nucléaire."