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La Belgique prévoit 7,6 millions d’euros d’aide humanitaire pour l’Irak

Le processus de réconciliation et de reconstruction en Irak est aussi crucial que ne l'était la lutte contre le groupe terroriste Etat Islamique (EI), a estimé mercredi le ministre belge de la Coopération au développement, Alexander De Croo (Open VLD), lors d'une visite dans un camp de réfugiés à proximité de Mossoul. La Belgique fournit cette année 7,6 millions d'euros pour des projets humanitaires de reconstruction en Irak. Le ministre est en visite dans le pays qui doit se reconstruire après la fin de l'occupation du groupe Etat Islamique sur une moitié de son territoire.

Au cours des cinq dernières années, le pays du Tigre et de l'Euphrate a traversé l'une des pires crises humanitaires au monde. Près de six millions de personnes ont fui pendant cette période et 1,8 million d'entre elles sont encore déplacées à l'heure actuelle. Dans le cadre d'une visite belgo-européenne, le ministre Alexander De Croo et le commissaire européen Christos Stylianides se sont rendus dans le camp de réfugiés d'Hammam el-Alil.

Au total, 35.000 personnes y vivent dans des conditions précaires. Le camp est composé de deux parties: l'une sous la supervision des Nations Unies et l'autre sous celle du gouvernement irakien. "Les services offerts sont très basiques", a reconnu Mohammed Ali de l'Unicef. "Mais si ces gens viennent ici, c'est parce qu'ils trouvent de meilleures installations à leur disposition qu'ailleurs", poursuit-il.

Bien que la situation dans la région soit de plus en plus stable, beaucoup de personnes hésitent encore à regagner leur foyer à Mossoul, ajoute Maulid Warfa, également de l'Unicef. "La reconstruction et le processus de réconciliation dans l'ouest de la ville sont particulièrement lents", précise-t-il. De nouvelles arrivées ont par ailleurs encore lieu à Hamam el-Alil. Ce sont notamment des familles qui ne sont plus acceptées au sein de leur communauté, souvent parce que l'un de leurs membres a été associé à l'EI.

La situation dans ce camp démontre que la libération de Mossoul et la chute du califat n'ont pas permis de résoudre tous les problèmes auxquels est confrontée la population irakienne, a souligné Alexander De Croo. "Vaincre l'EI, c'est une chose. Reconstruire et permettre aux gens de vivre à nouveau ensemble est aussi crucial que ne l'était la lutte militaire. Si ce n'est pas mené à bien, les mêmes conflits pourraient ressurgir dans les cinq ans", concluait le ministre.

Aide humanitaire belge pour l’Irak

Plus de la moitié du montant (4 millions d'euros) est dévolu au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) des Nations Unies. Environ 1,6 million d’euros revient à Handicap International, un million à l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et un dernier million au programme alimentaire mondial.

En Irak, la Belgique concentre ses efforts principalement sur l'éducation et les soins de santé, a souligné Alexander De Croo, au cours de sa visite humanitaire en Irak. "Vous pouvez battre le groupe Etat Islamique avec des armes. Mais si vous voulez vraiment le faire disparaître, vous devez récupérer les cœurs", estime-t-il. "Il faut donner aux habitants la chance de reconstruire leur vie, pour que l'extrémisme ne redevienne pas un terreau fertile. Tout le monde devra faire un effort, y compris les Irakiens, mais j'ai le sentiment qu'une page a été tournée."

Depuis le début de la lutte contre le groupe terroriste islamiste, la Belgique a déjà alloué 41,6 millions d'euros en aides humanitaires directes à l'Irak.

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