Seuls quatre passagers aériens sur dix sont passés à la loupe

Depuis janvier 2018, une Unité d'information passagers est chargée de passer au crible tous les voyageurs aériens. Actuellement, seuls 38% des passagers subissent réellement ce "screening", rapporte le quotidien De Tijd. Le gouvernement fédéral espérait pourtant atteindre un filtrage de sécurité de 75% des passagers à la fin de l'année dernière.

A la suite des attentats terroristes à Paris (13 novembre 2015) et en Belgique (22 mars 2016), une Unité d’information passagers a été créée pour passer au peigne fin tous les passagers passant par l’un des aéroports belges. L’équipe responsable, installée au Centre de crise, est constituée d’experts de la police fédérale, de la Sûreté de l’Etat, du service de renseignements militaire et de la douane.

Le screening a débuté en avril 2018. A l’époque, quelque 28% des passagers étaient passés à la loupe. Près de onze mois plus tard, seuls 10% de passagers supplémentaires font l’objet d’un contrôle minutieux, ce qui est nettement moins que les 75% de couverture annoncés à l’origine par le gouvernement fédéral pour la fin de l’an dernier.

Mais le système fait face à des difficultés techniques, notamment pour intégrer différents systèmes de réservation des compagnies aériennes. La première compagnie à transmettre ses données a été Brussels Airlines. "Mais toutes les compagnies aériennes travaillent avec un système différent de réservation, ce qui rend les choses compliquées", indique Yves Stevens du Centre de crise.

Ce Centre ne souhaite pas communiquer le nom des compagnies qui ne sont pas encore intégrées, pour des raisons de sécurité. Il compte atteindre l'objectif des 75% en avril prochain. "La Belgique reste cependant en tête en Europe dans ce domaine", indique Yves Stevens.

Pas de terroriste arrêté depuis le début du screening

Le screening est surtout pensé comme prévention contre le terrorisme. Pourtant, aucun terroriste n’a encore été arrêté depuis l’entrée en vigueur des contrôles serrés. "Plusieurs actions ont déjà été menées sur le terrain par les services de sécurité. Et dans le cadre de la criminalité organisée, un certain nombre de personnes ont déjà été arrêtées", précise Yves Stevens.

Les données récoltées ne doivent pas nécessairement mener à des arrestations, précise le Centre de crise. Elles sont souvent intéressantes à ajouter à un dossier d’information.