Homans veut une période probatoire de 5 ans pour la reconnaissance de mosquées

La ministre flamande de l’Intérieur, Liesbeth Homans (N-VA), souhaite introduire une période d’essai de cinq ans pour la reconnaissance de mosquées et d’autres lieux de culte en Flandre. Concrètement, cela voudrait dire qu’au cours des cinq prochaines années, aucun nouveau lieu de culte en Flandre ne bénéficierait d’une reconnaissance officielle, précise le quotidien Het Laatste Nieuws. Sur base d’une étude de la KU Leuven, Homans avance des critères de reconnaissance plus stricts pour les lieux de culte. Le parti d’opposition Vlaams Belang qualifie les plans de la ministre de pure manœuvre électorale.

En 2017, Liesbeth Homans (photo) décidait de ne plus reconnaître temporairement aucune mosquée en Flandre. La ministre de l’Intérieur avait pris cette décision rigoureuse parce qu’elle recevait trop peu d’informations sur le fonctionnement de ces lieux de culte. Homans avait aussi retiré à l’époque la reconnaissance de la mosquée Fatih à Beringen, dans le Limbourg.

La ministre juge trop souples les règles actuelles de reconnaissance officielle de lieux de culte et souhaite donc revoir la procédure de reconnaissance. C’est la raison pour laquelle elle a commandé une étude à l’Université catholique de Louvain (KU Leuven). Cette dernière vient d’être achevée.

Une période probatoire

L’une des recommandations émises par les auteurs de l’étude est d’introduire une période probatoire de trois à cinq ans avant d’allouer une reconnaissance officielle aux nouveaux lieux de culte en Flandre. Liesbeth Homans opte pour la plus longue période proposée.

Pendant ces cinq ans, les maisons de culte devront remplir un certain nombre des conditions pour bénéficier ensuite du soutien des autorités. "Il faudra par exemple une transparence financière, une absence de dons venant de l’étranger", précise Homans.

"Si elles ont prouvé pendant 5 ans qu’elles peuvent remplir les critères, ces maisons de culte pourront éventuellement être reconnues". Les 57 communautés religieuses qui ont introduit une demande à l’heure actuelle devront aussi passer cette période d’essai.

Rik Torfs (photo), professeur de Droit ecclésiastique à la KU Leuven, est responsable en définitive pour l’étude commandée par Liesbeth Homans. Dans l’émission "De ochtend" de la VRT (Radio 1), il soulignait ce vendredi qu’il ne faut pas des règles entièrement neuves, "mais les critères de reconnaissance prônés actuellement "doivent être affinés".

Rik Torfs estime que les nouveaux critères doivent "permettre une reconnaissance rapide à l’avenir". "Et une fois que la reconnaissance a été accordée, nous devons pouvoir être rassurés que les mosquées ou d’autres groupes religieux seront capables de fonctionner avec un financement transparent, sans aide de l’étranger, et en respectant l’Etat démocratique".
 

NICOLAS MAETERLINCK