Cedric Hatto

L’Ordre des médecins demande aux praticiens de ne plus délivrer d’attestation de virginité

Le Conseil national de l'Ordre des médecins estime qu’il n’est plus justifié d'effectuer des tests de virginité et d'en délivrer des attestations. "Inutile, dénué de pertinence, discriminant et cela peut être interprété comme une agression", conclu-t-il dans un avis relayé lundi par plusieurs journaux flamands. Des demandes de telles attestations sont surtout faites dans des hôpitaux à Anvers et à Bruxelles.

"Un examen clinique ne peut tout simplement pas prouver avec certitude qu'une femme est vierge" explique le professeur Michel Deneyer, porte-parole de l’Ordre.

Par ailleurs, la délivrance d’une telle attestation pose également des questions éthiques et déontologiques. C'est une attaque contre l'intimité des femmes et c'est aussi hostile aux femmes. Et en fait, ce n'est pas correct en ce qui concerne le principe d'égalité parce qu'être vierge chez les hommes ne peut être prouvé.

"C'est sexiste qu'une fille doive prouver sa virginité pour un mariage. Mais en tant que médecin, il est aujourd'hui difficile de dire 'non'", commente de son côté le gynécologue Hendrik Cammu de la VUB.

On demande parfois aux hôpitaux d'Anvers et de Bruxelles, en particulier, s'ils délivrent des attestations de virginité. Les chiffres exacts sont difficiles à trouver. "On me demande environ 5 à 10 fois par an si j’accepte de délivrer une telle attestation", a confié à la VRT, la gynécologue Katrien De Maeyer, qui travaille à AZ Sint-Monica à Deurne (Anvers). "Mais je dis à mes patients que je suis absolument contre de telles attestations. C'est pour cela que je n’en délivre que très rarement. Je donne la preuve que le contrôle a été effectué. Et souvent, c'est suffisant".

Dans son avis, l'Ordre des médecins suit une déclaration de l'Organisation mondiale de la santé, qui a pour but de mettre fin aux tests de virginité. Ils sont toujours effectués dans certains pays, dont la Belgique jusqu'ici.