NICOLAS MAETERLINCK

Anvers compte plus d’habitants issus de l’immigration que d’Anversois de souche

C’est un tournant historique pour la ville d’Anvers, qui compte pour la première fois plus d’habitants issus de l’immigration que d’Anversois de souche. Ce sont les jeunes qui ont fait pencher la balance. Parmi les enfants de zéro à dix ans, les trois quarts ont des parents qui ne sont pas d’origine belge.

Anvers compte aujourd'hui 527.461 habitants, soit environ 3.000 de plus que l'année dernière. Et cela ne cessera pas d'augmenter : dans les années à venir on s’attend à ce que la population anversoise augmente encore de dix à trente mille habitants.

Actuellement, 49,9 % de la population anversoise est autochtone. Cela signifie que plus de la moitié des anversois sont d'origine étrangère. Le groupe le plus important est d'origine nord-africaine. Les personnes d'origine asiatique et d'Europe occidentale sont également bien représentées dans les statistiques.

Cette tendance s'explique en grande partie par le taux de natalité plus élevé parmi la partie allochtone de la population. Les enfants de 0 à 10 ans représentent les trois quarts de la population et dans certains quartiers anversois, ce pourcentage est encore plus élevé.

"Il ne s’agit pas de migrants. A partir du moment où vous partagez le même sol alors vous en en faites partie". Selon l'échevin des affaires sociales Tom Meeuws (SP.A), l'essentiel est maintenant de "ne pas instrumentaliser ces chiffres". "Il s'agit de gens de toutes origines, on ne peut pas tracer de lignes. Ce sont tous des gens dont les rêves se trouvent à Anvers".
Selon Tom Meeuws, la migration ne doit pas être un thème en soi. "Tous ces habitants d'Anvers sont cent pour cent anversois. Mais donnons-leurs toutes leurs chances et ils les saisiront", a encore déclaré Tom Meeuws ce lundi matin dans "De ochtend" sur Radio 1 (VRT).
Quoi qu'il en soit, il reste encore du travail. "Il y a aussi le flux des réfugiés, qui viennent ici en grand nombre et il nous reste du pain sur la planche . Ces gens doivent apprendre notre langue et ils doivent être encadrés pour trouver du travail. "Sans efforts, ça ne marchera pas".

Selon Tom Meeuws, "il faudra à l'avenir une meilleure coopération avec les communes périphériques d’Anvers". Selon lui, les bourgmestres craignent à présent que leurs communes ne se colorent également. "J'entends dire que les communes ne veulent pas du tram parce qu'elles ont peur des mauvais statistiques (de l’arrivée de personnes étrangères ndlr.). C'est ainsi qu'il ajoute : "Il ne s'agit pas de migrants. Si vous partagez le même sol, alors vous en faites partie".