Syndicats et employeurs aboutissent à un projet d’accord après 20 heures de discussions

Les partenaires sociaux sont parvenus à un projet d'accord dans la nuit de lundi à mardi, après près de 20 heures de discussions menées à Bruxelles au siège de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). Les trois syndicats se prononceront le 26 mars prochain, d'ici là, ces organisations consulteront leurs instances et leur base respective.

Au bout de 20 heures de négociations, une fumée blanche en est ressortie. Le projet d'accord conclu au sein du Groupe des Dix, qui réunit patrons et syndicats, prévoit notamment une augmentation des salaires cette année et la suivante de maximum 1,1% en plus de l'index. En prenant en compte celui-ci, cela signifie une hausse totale de 4,54% sur 2019 et 2020.

Pouvoir d'achat

"C'est une bonne nouvelle pour notre pouvoir d'achat", ont réagi les syndicats. Il y a deux semaines, il y a eu une grève nationale parce que les négociations salariales étaient dans l'impasse. Les syndicats estimaient que l’augmentation des salaires n’étaient pas suffisante à l'époque. Il y a donc maintenant un accord.

Concernant le salaire minimum, il a été augmenté de 1,1%, soit 10 centimes de l'heure, largement en deçà de la hausse de 10% escomptée par le syndicat socialiste notamment. "Nous tablions sur plus", a reconnu mardi matin Miranda Ulens, secrétaire générale de la FGTB.
 

Concernant les fins de carrière, il est encore possible pendant deux ans et demi, selon le projet de texte, d'accéder à la prépension à 59 ans pour les longues carrières et les métiers lourds. Pour les entreprises en difficultés et en restructuration, l'âge de la prépension a été rehaussé et passera de 56 à 58 ans cette année, 59 ans en 2020 et 60 ans fin 2020.

Représentants des travailleurs et employeurs ont toutefois convenu de mettre sur pied un groupe de travail chargé d'examiner comment augmenter de façon "substantielle" les salaires minima.

Les syndicats vont consulter leur base

Les représentants des travailleurs vont maintenant consulter leur base. Du côté du syndicat chrétien, une réunion du comité national est prévue ce mardi matin. Son président Marc Leemans présentera le texte, qui sera envoyé vers toutes les sections de la CSC. Ces dernières devront ensuite se prononcer pour le 26 mars lors d'un conseil général. "Rien ne sera décidé aujourd'hui", y prévient-on.

Même son de cloche du côté du syndicat socialiste. Comme prévu, le bureau fédéral, la direction générale de la FGTB, se réunira ce jour avec son président Robert Vertenueil. Le projet d'accord qu'il leur présentera sera ensuite transmis, là aussi, aux sections. "Une réponse officielle doit arriver pour le 26 mars", quand siègera le comité fédéral, un organe qui gère la direction générale du syndicat et qui se retrouve huit fois par an.

Enfin, la CGSLB, le syndicat libéral ne fera pas que présenter l'accord, elle le "défendra" également. Un comité exécutif de l'organisation libérale est actuellement en cours, en présence de son président Mario Coppens. Les quelque 200 représentants devront également s'exprimer le 26 mars, lors d'un comité national.

Le patronat parle d'un "fair deal"

Le ton était plus enthousiaste côté patronal. "La réunion a été difficile et longue, mais nous sommes très contents d'avoir trouvé un projet d'accord", a déclaré Bernard Gilliot, président de la FEB. Il va maintenant soumettre le texte au Premier ministre Charles Michel.

L'administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans, a lui évoqué un "fair deal", combinant les matières économiques, écologiques et sociales. Le patronat a obtenu de porter le nombre d'heures supplémentaires par an à 120 par travailleur contre 100 actuellement.

En termes de mobilité, les indemnités pour les transports publics seront rehaussées en deux temps, à partir du 1er juillet 2019 et 2020.

"Nous allons défendre auprès de nos membres cet accord qui permet de renforcer la position concurrentielle des entreprises" tout en octroyant des avancées aux travailleurs, en matière de mobilité notamment, a conclu M. Timmermans.

L'Unizo l'LUnion des entrepreneurs indépendants) s'engage également à défendre un texte qui va offrir "plus de flexibilité aux entreprises".

Cet après-midi, à 14h00, patrons et représentants des travailleurs présenteront au gouvernement fédéral le projet d'accord auquel ils ont abouti.