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Lors de contrôles sur des "commerces louches", 1 personne sur 5 travaillait au noir

L'an dernier, plus de 400 magasins ont été contrôlés notamment à Anvers, Bruxelles et Gand, dans des rues où sont implantés des commerces "louches". Les inspections ont révélé que plus de la moitié des employés n'étaient pas en règle. Près d'une personne sur cinq travaillait au noir. Dans certains cas, des immigrés clandestins étaient employés et dans deux cas, un trafic d’êtres humains a été découvert.

Lorsqu’on parle de "commerces louches", il s’agit de magasins de nuit, de car-washes, de lavoirs ou de commerces similaires qui sont souvent ouverts très tard la nuit et pratiquent des tarifs qui défient toute concurrence.

L’an dernier plusieurs services ont mené des inspections que ce soit l’inspection sociale, la police locale, l’AFSCA ainsi que des inspecteurs de la police judiciaire et des douane.

Au total, 435 commerces ont été ciblés avec un total de 561 travailleurs contrôlés. Ces inspections se sont déroulées principalement à Anvers, Bruxelles et Gand, mais aussi à Liège et Charleroi.

Ces contrôles semblent confirmer les clichés que l’on peut avoir au sujet de ces commerces. Sur les 561 employés contrôlés, 288 ont commis une infraction. 104 (près de 1 sur 5) travaillaient au noir. 34 travailleurs n'avaient pas de permis de séjour valide. 24 travaillaient tout en continuant de recevoir des prestations de chômage et 66 travaillaient prétendument à temps partiel, mais en réalité à temps plein.

Marilyn De Decker, inspectrice sociale à Bruxelles, a participé à une inspection dans la zone du Canal à Anderlecht : "Dans une entreprise de tri de déchets, nous avons découvert une dizaine de personnes sans documents officiels". "Ils travaillaient la nuit parce que c'est moins visible. Certains ont même tenté de sauter dans le canal pour ne pas être contrôlés. Heureusement, de nombreux policiers étaient présents avec leurs chiens et nous avons pu les arrêter", ajoute Marilyn De Decker.

La coopération entre les différents services est donc particulièrement bien accueillie. "La fraude est une pieuvre qui possède plusieurs bras", déclare Karel Deridder, de l'Office national de la sécurité sociale. "Même si chaque service coupe chaque fois deux bras l'animal continuera à vivre. Une coopération est nécessaire".
 

L’an prochain, il y aura à nouveau des contrôles

Le ministre Philippe De Backer (Open VLD) chargé de la lutte contre la fraude sociale, a fixé un minimum d'au moins 200 contrôles par an. "C'est deux fois plus que les années précédentes ", déclare Philippe De Backer. "Et les résultats montrent qu'il y a encore beaucoup de travail à faire".

Nicolas Maeterlinck