Erasmus en politique : Groen et Ecolo vont s’échanger des candidats

Les partis écologistes francophone et flamand, Ecolo et Groen, vont s'échanger des candidats pour l'élection à la Chambre, au scrutin du 26 mai prochain. C’est une première, indiquent les Verts, qui veulent ainsi se profiler en jeteurs de ponts par-delà la frontière linguistique. Au moins cinq candidats de Groen se présenteront ainsi sur une liste d’Ecolo en Wallonie, et le parti francophone placera au moins cinq candidats sur des listes flamandes.

"Actuellement, il n'existe hélas pas de circonscription électorale à l'échelle de la Belgique", déplorent le co-président d'Ecolo Jean-Marc Nollet (photo principale, à dr., avec Meyrem Almaci, présidente de Groen) et Kristof Calvo (photo ci-dessous), la figure de proue de Groen à la Chambre. "Donc on en fait une à notre manière. Légalement c'est autorisé, mais cela n'a encore jamais été utilisé. Si nous le faisons maintenant, c'est parce que la coopération est plus importante que jamais".

Les écologistes parlent de "candidats Erasmus", à l'instar des étudiants participant à ce célèbre programme européen d'échange interuniversitaire. Les candidats seront dévoilés prochainement. On sait déjà que Lech Schelfout, conseiller communal à Renaix (Flandre orientale), se présentera sur une liste dans le Hainaut.

Des candidats Ecolo se présenteront aussi en Flandre. Une demi-douzaine de candidats sont pressentis. Kristof Calvo, de son côté, annonce aussi son intention de mener campagne en Belgique francophone. "Je ne suis pas seulement candidat pour la province d'Anvers, mais pour tous les Belges", estime-t-il.

A Bruxelles, les Verts se présentent sur une liste commune à la Chambre. Ils ont l'ambition de devenir la plus grande famille politique au Parlement fédéral.

"Ce n'est pas la première fois"

"On veut donner l’image de partis "qui travaillent ensemble", qui s’opposent à une polarisation", note le politologue Nicolas Bouteca (photo) de l’Université de Gand (UGent). D’après ce professeur, ce n’est pas la première fois cependant que des personnalités politiques franchissent la frontière linguistique.

"Au 19e siècle, Edward Anseele s’est ainsi présenté à Liège, et est devenu le premier socialiste flamand à siéger à la Chambre. Le Vlaams Belang a présenté par le passé une liste dans le Hainaut, pour "ennuyer" le parti socialiste francophone. Chez les Verts, Jef Tavernier a été tête de liste pour une liste en Flandre occidentale pour le parlement flamand, en 2004, alors qu’il résidait en Flandre orientale".

Nicolas Bouteca exprime néanmoins une certaine réserve par rapport au projet des Verts. "Lors des élections communales, certains candidats passent d’une commune à l’autre. Songez à Kris Peeters, qui s’est présenté à Anvers. Ce n’est pas toujours bien vu par les électeurs. Des membres du parti ne sont pas non plus toujours d’accord".

D’après le professeur de l’UGent, cette tactique risque plutôt d’accroitre la distance entre les électeurs et les politiques. "Ils ont déjà choisi un système de représentation. Un politique qui se présente une fois dans un arrondissement et la prochaine fois dans un autre est plus difficile à contrôler. Ce qui accroit la distance avec l’électorat".

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