Orban traite le CD&V et le CDH d’"idiots utiles", Beke estime que les limites ont été dépassées

Dans un entretien accordé au journal allemand Welt am Sonntag, le Premier ministre hongrois Viktor Orban s’en est directement pris aux CD&V, au CDH, et au parti luxembourgeois CSV, qui réclament l’exclusion de la formation politique Fidesz du Parti Populaire Européen (PPE). Orban a notamment traité les responsables politiques de ces partis d’"idiots utiles" de la gauche.

Jeudi dernier, les partis belges et luxembourgeois membres du PPE ont réclamé l’exclusion du Fidesz, le parti de Viktor Orban, de cette famille politique. Le président du CD&V, Wouter Beke, avait notamment déclaré que "celui qui contredit continuellement l’idéologie et les valeurs démocrates-chrétiennes n’a pas sa place parmi nous".

Cet appel faisait notamment suite à la tenue d’une campagne controversée de Viktor Orban contre Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne et membre du PPE, et le milliardaire américain d'origine hongroise Georges Soros, bouc émissaire de M. Orban et des nationalistes. Les deux hommes sont accusés par le Premier ministre hongrois de vouloir obliger les pays de l'UE à accepter des réfugiés et de chercher à affaiblir les gardes-frontières nationaux.

"Une attaque de gauche"

Viktor Orban n’a pas tardé à réagir à l’appel du CD&V, du CDH et du CSV. "Si nous partons, ils attaquerons ensuite les Italiens, puis les Autrichiens (…). C’est la tactique du salami qui est utilisée pour affaiblir le PPE au niveau européen et permettre aux socialistes, à la gauche, de reprendre le leadership en Europe", a-t-il déclaré dans le Welt am Sonntag.

"Pas tout le monde le comprend, mais dans la littérature des sciences politiques, ces gens sont, à l'instar de Lénine, décrits comme des ‘idiots utiles’. Alors qu’ils croient mener une lutte intellectuelle, ils servent les intérêts des autres, de nos adversaires", avance le Premier ministre hongrois.

Limites

"Il est clair que notre action rend Viktor Orban nerveux", a réagi le président du CD&V, Wouter Beke, au micro de la VRT. "Mais des limites doivent être établies : on ne peut pas recevoir chaque année 4 milliards d’euros de l’Union européenne, et parallèlement agir de toutes les façons possibles contre cette même Union européenne", "En échange de ce soutien financier, on peut s’attendre à une chose : le respect des valeurs et des règles européennes", a-t-il ajouté.

On ne peut pas recevoir chaque année 4 milliards d’euros de l’Union européenne, et parallèlement agir contre cette même Union européenne

Wouter Beke, président du CD&V

Samedi, le gouvernement hongrois a annoncé qu'il mettait fin à sa campagne d'affichage accusant Jean-Claude Juncker et Georges Soros d'être des suppôts de l'immigration illégale. Une nouvelle campagne d'affichage doit toutefois commencer le 15 mars montrant cette fois le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans.

"Cela démontre uniquement que le dialogue doit s’arrêter quelque part", réagit Wouter Beke. "Nous avons tenté à maintes reprises de discuter ces dernières années, mais ça n’a finalement jamais mené nulle part. A un moment donné, il faut savoir se dire que ça s’arrête là", conclut-il.