La Flandre a-t-elle besoin d’un "intendant du climat" ?

L’administration flamande doit-elle créer en son sein une fonction d’"intendant du climat" afin de coordonner l’action du gouvernement et de relever les défis liés au changement climatique ? La proposition a été lancée ce week-end. Elle ne fait toutefois pas l’unanimité parmi les partis de la majorité flamande.

L’idée de créer un "intendant du climat" a été lancée samedi soir par l'initiateur et figure de proue de l'association anversoise stRaten-generaal, Manu Claeys, à l'origine de suggestions alternatives à la liaison routière Oosterweel pour boucler le ring d'Anvers.

Manu Claeys a préconisé que le gouvernement flamand s'accorde avant les élections générales du 26 mai prochain sur le profil d'un tel "intendant du climat" afin que le prochain exécutif le choisisse en septembre, à l'issue d'une procédure de sélection organisée durant l'été. Selon lui, cet intendant devra constituer son équipe - une équipe de communication, une équipe de participation et des experts - et travailler avec un système d'ateliers thématiques pour trouver des solutions spécifiques au niveau flamand.

"Une piste parmi d’autres"

Le ministre flamand de l'Environnement, Koen Van den Heuvel (CD&V) a accueilli favorablement l'idée de créer une fonction d'"intendant du climat". En fonction depuis moins d'un mois, après avoir succédé à Joke Schauvliege, il a affirmé dimanche soutenir cette idée, tout en se disant prêt à étudier d'autres pistes.

"Je pense par exemple à un panel d'experts qui assurerait le suivi des mesures concrètes en matière de climat et qui indiquerait dans quel domaine agir", a-t-il dit lors de l'émission De Zevende Dag (VRT) en rappelant que les politiques étaient les responsables finaux d'une politique climatique décisive.

Koen Van den Heuvel a évoqué l'idée d'un pacte climatique qui résulte de la coopération entre les différents niveaux de pouvoir: local, flamand, fédéral et européen", en se déclarant favorable "au moyen le plus efficace". Le ministre a encore souligné qu'il restait peu de temps avant les élections du 26 mai.

"Bonne idée mais…"

La présidente de l'Open Vld, Gwendolyn Rutten, a elle aussi exprimé dimanche son soutien à l'idée. Elle a toutefois estimé qu'il serait difficile d'entamer la procédure de recrutement avant le scrutin régional.

"Il est important d'avoir tout le monde à bord. Nous devons amener autour de la table des citoyens, des entreprises, les autorités publiques, les universités, les experts et les financiers et travailler le plus concrètement possible, a ajouté la présidente des libéraux flamands.

Désigner un intendant lui semble une bonne idée: "Nous y sommes certainement ouverts", a dit Mme Rutten.

Une démarche inutile pour Geert Bourgeois

Invité ce lundi matin sur les ondes des Radio 1 (VRT) à s’exprimer sur la question, le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) a indiqué que son gouvernement ne projette pas de désigner un intendant du climat durant cette législature.

D’après lui, il n’existe pas de grandes divergences dans la lutte contre le changement climatique, et le gouvernement flamand a déjà pris beaucoup de mesures. "Le problème est que les groupes d’action ne sont pas au courant de tout ce que nous avons déjà fait", a-t-il déclaré lors de la matinale de la radio publique flamande.

"Je suis ouvert au dialogue, et je veux aussi avancer, mais les mesures doivent être abordables, et elles ne peuvent pas nous ôter des emplois", a-t-il encore défendu.