Brexit: "Sans report ou abandon, les Britanniques devraient envisager un statut tel que celui de la Turquie"

Le ministre-président flamand Geert Bourgeois (N-VA) s’est dit soulagé par le rejet du "no-deal" mercredi à la Chambre des communes. Dans une réaction, il a appelé les Britanniques à "rester dans l’union douanière avec l’UE". Le chef du gouvernement flamand espère désormais un report, voire l’abandon du Brexit. En l’absence d’un tel scénario, les Britanniques devraient, selon lui, envisager un statut tel que celui de la Turquie. "Ils auraient alors tout ce qu’ils désirent".

"Je suis content que les députés britanniques ont voté contre un Brexit sans accord", a indiqué Geert Bourgeois. "No deal is a bad deal : le pire scénario pour eux, mais aussi pour l’Union européenne, et certainement pour la Flandre. Nous perdrions énormément d’emplois et de prospérité", précise-t-il.

Le ministre-président flamand espère encore et toujours que les Britanniques reviennent sur leur décision, et qu’ils choisissent finalement de rester dans l’Union. "Ou du moins qu’ils demandent un report, ou alors qu’un nouveau référendum ou de nouvelles élections puissent se tenir", rajoute-t-il. "Je pense que l’opinion publique, surtout auprès des jeunes, se rend doucement compte des lourdes conséquences liées à un Brexit".

Un statut "à la turque"

Selon Geert Bourgeois, si les Britanniques persistent et signent, "ils devront alors accepter l’accord de retrait de 585 pages qui a été si longtemps négocié. Cela signifie qu’ils devront laisser tomber une ligne rouge qu’ils avaient encore jusqu’ici". Le ministre-président flamand fait référence à une union douanière avec l’Union européenne, "tout comme celle qui lie la Turquie à l’Union", souligne-t-il.

Dans un scénario similaire à celui dont bénéficie la Turquie, "les Britanniques auraient quasi tout ce qu’ils désirent : pas de libre circulation des personnes, pas de participation fixe au budget, pas de soumission à la juridiction européenne, et une solution de facto au problème concernant la frontière avec l’Irlande du Nord", défend encore Geert Bourgeois.

"Les Britanniques devront toutefois accepter qu’ils ne pourront plus conclure eux-mêmes de traités commerciaux. Mais cela leur offrirait de sérieux avantages", argumente-t-il, "car les meilleurs traités commerciaux sont conclus par ce grand bloc nommé UE".