BELGA/DESPLENTER

Un consortium français construira des chasseurs de mines pour la Belgique

L'offre française déposée par Naval Group et ECA Robotics a remporté le marché pour la fourniture de douze chasseurs de mines pour la Belgique et les Pays-Bas. C’est ce qu’a annoncé vendredi soir la Défense à l'issue d'un conseil des ministres qui a validé ce choix. Les entreprises françaises promettent des retombées économiques importantes, notamment pour Zeebrugge.

L’an dernier, le gouvernement belge décidait que la Défense pourrait acheter six nouveaux chasseurs de mines, pour un budget de 1,1 milliard d’euros. Le dossier est lié à celui de fournitures de frégates (la décision interviendra là probablement fin 2020) pour les deux pays, géré par les Pays-Bas. La Belgique était chargée de gérer le dossier de remplacement des chasseurs de mines dont six lui reviendront.

Compte tenu des affaires courantes, le ministre de la Défense Didier Reynders en a présenté les grandes orientations vendredi en commission des achats militaires de la Chambre, à l'issue de sa validation par le comité ministériel restreint. Le dossier a ensuite été approuvé par le conseil des ministres. Il a reçu un avis positif de l'inspection des finances. Le prix d'achat est de 2,6 milliards d'euros dont la moitié (1,115 milliard) est supportée par la Belgique.

Par rapport à l'estimation initiale, comme dans le dossier d'achat des F-35, une économie est réalisée, de l'ordre de 200 millions d'euros cette fois, ce qui permettra d'investir dans des projets européens liés à la capacité maritime. "Cela veut dire que dans le dossier de la Défense européenne, nous sommes en première ligne pour un projet de la PESCO, l'évolution de l'intégration de la Défense européenne, en matière de chasseurs de mines. Il n'est pas exclu qu'on puisse dans ce cadre-là disposer de moyens d'investissement dans les prochaines années à travers ce solde", a estimé vendredi Didier Reynders.

L’offre des entreprises françaises l’a emporté sur celles de deux autres soumissionnaires européens. Les bâtiments seront équipés de drones à déploiement modulaire. La future capacité utilisera des systèmes non habités en surface, au-dessus du niveau de l'eau et sous l'eau afin de détecter puis neutraliser des mines. Grâce à cette nouvelle méthode de travail, le vaisseau-mère et son personnel pourront rester hors du champ de mines car seuls les drones y seront actifs.

Retombées économiques pour la Belgique

Le premier de ses six navires doit être livré à la Belgique en 2023. Les navires livrés aux Pays-Bas suivront. Des retombées économiques sont attendues pour la Belgique à hauteur de 1,6 milliard d'euros, 50% pour la Flandre, 35% pour la Wallonie et 15% pour Bruxelles.

Un centre d'excellence pour la lutte anti-mines sera ainsi créé en Belgique. Il sera composé d'un laboratoire de compétences, d'un centre pour la cybersécurité en mer, d'un centre de recherche et développement d'ECA Robotics Belgium à Bruxelles, et d'un centre de production et de maintenance à Zeebrugge. "Il offre des opportunités en plus de l'achat belgo-néerlandais car il s'agit d'une nouvelle technologie avec d'importantes possibilités d'exportation", a souligné le ministre de l'Économie et de l'Emploi Kris Peeters.

Plus de 30 accords de partenariat ont déjà été signés avec des entreprises belges et on en attend 45 à court terme. Un important partenariat est prévu pour la maintenance, avec le chantier Flanders Ship Repair. Enfin, Naval Group et Eca Robotics ont prévu de transférer en Belgique leurs activités mondiales d'exportation dans le domaine de la lutte anti-mines.

Port de Zeebrugge