Seul un tiers des victimes des attentats du 22 mars a été entièrement indemnisé

Près de trois ans après les attentats dans le hall des départs de l’aéroport de Zaventem et dans la station de métro bruxelloise Maelbeek, le 22 mars 2016, seuls 36% de toutes les victimes ont déjà perçu une indemnisation complète. C’est ce qu’indique l’hebdomadaire De Zondag ce dimanche. C’est avant tout le remboursement des soins médicaux qui prend du retard. De nombreuses victimes se sentent abandonnées par les autorités et les compagnies d’assurance.

La semaine dernière, Philippe Vandenberghe - l’une des victimes de l’attentat à Brussels Airport - mettait un terme à sa grève de la faim après 25 jours. Il est membre de l’association des victimes V-Europe et se bat pour obtenir l’aide et le suivi indispensables à toutes les victimes d’actes terroristes. Selon lui, nombre de ces victimes n’ont toujours pas reçu ce type d’aide.

Philippe Vandenberghe (photo) mettait fin à son action de protestation après que le Premier ministre Charles Michel lui ait signifié que l’arrêté royal permettant l’application d’une loi votée en 2017 - pour la création du statut de solidarité nationale, l’octroi d’une pension de dédommagement et le remboursement des soins médicaux à la suite d’actes terroristes - était en phase de finalisation par la ministre de la Santé publique Maggie De Block et devait être publié très prochainement.

C’est en effet avant tout le remboursement des soins médicaux qui accuse un sérieux retard. Beaucoup de victimes seraient aussi confrontées à une montagne de tâches administratives auprès des assurances. Ce qui pèse d’autant plus lourd aux personnes qui tentent tant bien que mal de laisser les événements douloureux derrière elles pour poursuivre leur vie.

Plus de 27 millions d’euros de dommages versés aux victimes

En début de semaine, l’union professionnelle des assureurs belges, Assuralia, indiquait que ces derniers ont versé 27,1 millions d'euros à titre de dommages corporels et moraux à 1.337 victimes pour les attentats de mars 2016. Il s'agit souvent d'indemnisations provisionnelles ou d'avances. Le paiement de l'indemnisation définitive des blessés graves ne peut en effet être fixé qu'au moment où leur état s'est définitivement stabilisé.

Cela signifie que le paiement de ces rentes porte sur des dizaines d'années, voire plus de 40 ans dans certains cas. Il y a un an, Assuralia estimait le coût total des attentats pour les assureurs du pays à 112 millions d'euros. La coupole du secteur s'étonne en outre que certaines victimes, "souvent sur les conseils de leurs proches ou de leur avocat", n'aient pas accepté les acomptes proposés. "Ces avances ne les engagent à rien par rapport au montant définitif de l'indemnisation. Par conséquent, la victime n'encourt aucun risque ni désavantage en cas d'acceptation" du paiement, affirmait Assuralia.

D’après François de Clippele d’Assuralia, la comparaison avec les attentats de Paris du 13 novembre 2015 "montre que là aussi environ un tiers des victimes a déjà obtenu une indemnisation complète des assurances".

Attentat du 22 mars 2016 à Brussels Airport