Nouvelles perturbations dans plusieurs aéroports suite à l’action des contrôleurs aériens

Le mouvement de grogne des contrôleurs aériens belges se poursuit ce jeudi avec des interruptions de trafic ponctuels dans plusieurs aéroports du pays. Brussels Airport est fortement touché, entraînant par exemple des retards allant jusque 2h30 chez Brussels Airlines. Demain vendredi, il n'y aura pas d'action  de grève, par respect pour les commémorations des attentats du 22 mars d'il y a 3 ans.

"Des actions ont lieu de 6h00 à 09h00 à Charleroi, de 06h30 à 08h30 à Anvers, de 07h15 à 09h15 à Ostende et de 10h00 à 15h00 à Liège", précisait en début de matinée Dominique Dehaene, porte-parole de Skeyes, gestionnaire de l'espace aérien belge.

A l'aéroport de Charleroi, les vols (départs) prévus tôt en journée ont dès lors été retardés jusqu'à 09h00 au moins. Deux vols à l'arrivée ont été retardés quelque peu.

Les perturbations concernent également Brussels Airport. Ce sont tout d'abord les arrivées qui ont été touchées jeudi matin, avec une limitation de capacité à 20 vols par heure en vigueur jusque 14h00. Or durant l'heure de pointe matinale, il y avait de nombreux avions qui devaient se poser à Zaventem. L'impact s'est donc surtout fait ressentir aux alentours de 8h00, explique-t-on à l'aéroport bruxellois.

Les problèmes concernent à présent davantage les départs. La capacité y est limitée à 15 vols par heure, en raison du manque de personnel chez Skeyes. Cela occasionne plus de retards car une trentaine d'avions prennent normalement les airs par heure vers 10h00. Seule la moitié environ a donc pu décoller.

Si la tranche 12h00-14h00 est plus creuse, il y aura à nouveau une vingtaine d'appareils au départ à partir de 15h00. Et Brussels Airport n'a pour le moment aucune vue sur ce que sera la situation chez Skeyes au-delà de cette heure-là.
Ces actions à Zaventem ont d'importantes conséquences pour Brussels Airlines.

"Nos vols connaissent actuellement des retards allant de 30 minutes à 2h30 mais la plupart d'entre eux se dirigent vers les 2h30", constate Kim Daenen, porte-parole de la compagnie. Toutes les liaisons intercontinentales sont touchées et de nombreuses connexions à Brussels Airport sont manquées pour les passagers.

La principale société active à l'aéroport bruxellois rappelle que ces actions chez Skeyes ont des conséquences pour l'ensemble du secteur. Les tensions sociales y sont dues au mécontentement du personnel concernant plusieurs dossiers. Les points de friction tournent notamment autour des demandes d'interruption de carrière, les nominations et les primes mais aussi d'un nouveau centre de formation du personnel sur le site de Steenokkerzeel, juste à côté de Brussels Airport.

Kurt Callaerts du syndicat chrétien ACB Transcom accuse Skeyes de mensonges

La direction du contrôle aérien affirme qu'il y a une pénurie de personnel à cause de la maladie des contrôleurs aériens, mais dans "De ochtend" sur Radio 1 Kurt Callaerts est catégorique : "C'est une grève. Les contrôleurs aériens font grève parce qu'ils estiment que la direction ne satisfait pas suffisamment à leurs exigences pour réduire la charge de travail".

Il dénonce le fait qu'il n'y a plus que 82 contrôleurs aériens en service, alors qu'il devrait y en avoir 104 à temps plein. "Ce n'est plus réaliste".

"Parce que nous ne voulons pas toucher trop fort les passagers, nous avons décidé réduire un peu l'occupation du département qui gère l'espace aérien. A cause de cela il y aura des retards, mais dans le respect de la sécurité et de la semaine des 35 heures".

Selon Kurt Callaerts "Il y a trop peu de personnel, il n'y a plus de respect pour la sécurité. La continuité du service est une priorité chez Skeyes, pas la sécurité".

"Pour nous, la sécurité est de la plus haute importance", la continuité du service est également importante pour le syndicat, mais vient en second lieu. C'est pourquoi nous choisissons aujourd'hui de provoquer des retards".

Selon Kurt Callaerts, les contrôleurs aériens pourraient poursuivre leurs actions sur une plus longue période jusqu'à ce qu'il y ait un accord qui réponde à leurs exigences.