Un reportage de la VRT plonge dans la réalité glauque de la prostitution juvénile

Dans le reportage "Pano" de la VRT, diffusé mercredi soir, des jeunes filles ont témoigné de la manière dont elles se sont fait piéger par de jeunes proxénètes. Une journaliste s’est fait passer pour une jeune fille de 16 ans, sous le pseudonyme d'Emma, et s'est inscrite sur le site de rencontres "Tinder". Elle a découvert à quel point elle était rapidement contactée via snapchat par un homme qui lui proposait de devenir son souteneur.

Début janvier, le magazine d’investigation "Pano" a reçu un message étonnant sur son répondeur. Une jeune femme de 19 ans voulait raconter son histoire. Elle voulait témoigner au nom des victimes des "loverboys".

Son récit illustre la technique utilisée le plus souvent par ces jeunes proxénètes. Ils demandent à des filles qui sont déjà tombées dans la prostitution de recruter de nouvelles victimes. C'est ce qui est arrivé à Stefanie (nom d'emprunt). C’est ainsi que des jeunes filles de 15 et 16 ans ont reçu les conseils suivants : "Nous pouvons gagner beaucoup d'argent. Il suffit d'être gentille avec le client, de lui faire du bien, de simuler. Si nécessaire, fermez les yeux. Il suffit de prendre une petite pilule. Et ça ne dure pas très longtemps".
 

Une jeune fille de 13 ans

Un second témoignage confirme le premier. Nous l’appellerons Jennifer. C’est une jeune fille qui a grandi sans foyer dont les parents ne pouvaient pas s’occuper d’elle.

Comme cela arrive souvent, un "loverboy" l'a repérée et a commencé à tourner autour d’elle comme si c'était sa proie. Il a commencé par gagner sa confiance et ensuite, sa vie à basculé et elle a commencé à passer d’une chambre d’hôtel à une autre. Elle avait à peine 13 ans.

Jennifer est l'une des jeunes filles qui vit aujourd’hui chez Saskia Van Nieuwenhove.

Saskia Van Nieuwenhove a fondé, en août 2018, la vzw Ne(s)t, (asbl le Nid) une sorte de refuge pour jeunes filles en détresse.  Elle s'occupe actuellement de 7 filles, elle accompagne également 7 filles, à distance, qui vivent ailleurs. Saskia tente de constituer une sorte de "famille de remplacement". Le gouvernement flamand a récemment décidé de subventionner l'asbl de Saskia.

"Ce qui est frappant dans les témoignages de Stefanie et de Jennifer c’est la vitesse à laquelle les filles tombent dans le réseau des jeunes proxénètes. Cela nous a fasciné et nous avons voulu tester à quelle vitesse nous allions devenir la cible d’un proxénète. Et bien cela s’est passé très vite" explique la journaliste de Pano Liesbeth Indeherberge.
 

Ci-dessous deux extraits du reportage (en néerlandais).

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