Messages de haine sur le net: sur 922 dossiers traités, la police n’est intervenue que 23 fois

La section de la police fédérale chargée de la surveillance des messages de haine sur Internet, l'Internet Referral Unit (i2-IRU), a traité 922 dossiers l'année dernière, mais n'est intervenue que 23 fois pour demander à des sites comme Twitter, Facebook, ou Google de supprimer certains commentaires. C’est ce que révèle le quotidien flamand Het Laatste Nieuws.

"Lorsque nos services détectent un message inapproprié lié à notre pays sur le net, ils tentent d'identifier la personne derrière le profil suspect", commente la police. "Un procès-verbal est ensuite dressé et nous demandons à la plateforme sur laquelle a été publié le message de le supprimer".

Un prêcheur de haine n'est poursuivi que s'il poste des commentaires inappropriés à répétition. "Nous analysons son profil et son comportement sur le net. Ce n'est qu'après que nous décidons s'il y a lieu d'engager des poursuites ou pas".

Dans la foulée des attentats de Christchurch contre deux mosquées, seul un procès-verbal a été dressé.

Répression

Il y a une semaine, lors de l’émission “Terzake” de la VRT, Koen Geens avait indiqué qu’il se concertera le 25 mars prochain à Bruxelles avec d’autres ministres de la Justice d’Europe occidentale pour une approche répressive commune et plus sévère de la diffusion de messages haineux sur internet.

“En ce qui concerne la répression, nous n’allons pas encore assez loin, par crainte d’empiéter sur la liberté d’expression, ce que la Cour constitutionnelle m’a d’ailleurs confirmé”, a expliqué le ministre, en référence à un arrêt de l’an dernier qui a annulé une disposition légale visant à criminaliser la diffusion de messages qui incitent au terrorisme.