Philippe et Mathilde en visite d’Etat en Corée du Sud

Après un trajet de plus de 10 heures de vol, le couple royal et l'importante délégation qui l'accompagne sont arrivés ce lundi matin (heure locale) dans le pays du matin calme. Les souverains devaient d’abord se rendre au musée du meuble de Séoul. A l’occasion de la visite royale, des artistes bruxellois exposent à Séoul leur vision de la villes de demain.

A leur sortie d'avion, le roi et la reine ont été accueillis par l'ambassadeur de Belgique en République de Corée Peter Lescouhier, le ministre des Affaires étrangères sud-coréen Kyung-Wha Kang, ainsi que le vice-Premier ministre aux Affaires protocolaires Chang Jae-Bok. Pour leur première journée dans la capitale coréenne, le programme du roi Philippe et de la reine Mathilde se limitait à la visite du musée du meuble.

L'établissement abrite plus de 2.000 pièces de mobilier typiques du pays et des hanok, c'est-à-dire des maisons traditionnelles coréennes. Les Souverains y seront notamment invités à boire un thé selon le rituel coréen.

Cette visite d'Etat de quatre jours au sud du 38e parallèle comprend un volet économique d'envergure puisqu'une centaine de chefs d'entreprises a fait le déplacement. Les recteurs des principales universités du pays sont également du voyage. En revanche, plusieurs ministres-présidents, qui accompagnent traditionnellement le couple royal dans ce type de déplacement, ont été retenus en Belgique en raison de leur agenda politique chargé. C'est le cas notamment du ministre-président wallon Willy Borsus qui a du pain sur la planche après la perte de majorité du parlement de Wallonie.

D’abord incertain, le ministre Didier Reynders s'est finalement aussi désisté et a été remplacé par le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Pieter De Crem. Le ministre-président flamand, Geert Bourgeois, s'est, lui, d'emblée fait remplacer par son ministre de l'Economie, Philippe Muyters. Les ministres-présidents de la Région de Bruxelles-Capitale et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, respectivement Rudi Vervoort et Rudy Demotte, sont par contre bien du voyage.

Une fois n'est pas coutume, la visite d'Etat se concentre sur la capitale, Séoul, sans qu'aucun autre déplacement ne soit effectué dans la péninsule. Il s'agit du quatrième pays asiatique à être visité par le roi Philippe depuis son accession au trône en 2013, après la Chine en 2015, le Japon en 2016 et l'Inde en 2017. Philippe s'était déjà rendu en Corée du Sud en 2009 dans le cadre d'une mission économique, alors qu'il était encore prince.

Programme des souverains

Le roi Philippe s'entretiendra officiellement avec le président de la Corée du Sud, Jae-In Moon, ainsi que le président de l'Assemblée nationale, Moon Hee-Sang. De son côté, la reine Mathilde rencontrera la première dame sud-coréenne Jung-sook Kim, également chanteuse professionnelle de classique. Elle aura également le privilège de converser en tête-à-tête avec l'ancien secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki Moon (photo).

Les Souverains rendront par ailleurs hommage aux soldats belges tombés pendant la guerre de Corée, une contribution très appréciée par les autorités de la presqu'île. Quelque 3.200 volontaires belges et luxembourgeois avaient participé à ce conflit qui a débuté en juin 1950 et s'est achevé trois ans plus tard par un armistice. Le couple royal déposera notamment une gerbe au cimetière national de Séoul et se rendra au Mémorial des vétérans de guerre de la Corée où il visitera le monument belge.

Le Roi et la Reine assisteront en outre à plusieurs séminaires organisés dans le cadre de la visite d'État, notamment sur les "Smart cities" et l'économie circulaire. Une visite de l'Université nationale des arts de Corée est également au programme, alors que ces huit dernières années, le concours musical Reine Elisabeth a été remporté trois fois par des Sud-Coréens. Un spectacle de taekwondo, véritable sport national, figure également à l'agenda. Le banquet d'État, mardi, et un concert belge, mercredi, ponctueront les soirées.

"Les relations diplomatiques avec la Corée du Sud sont excellentes, il n'y a aucun irritant politique entre ces deux pays partageant un grand nombre d'intérêts", avaient indiqué les Affaires étrangères en préambule du séjour. Au-delà de la visite diplomatique, ce voyage comporte un volet économique d'ampleur. Une centaine d'entreprises viendra ainsi titiller le marché coréen. Le secteur porcin, particulièrement bien représenté au sein de la délégation économique, tentera de récupérer le marché de la viande de porc belge, fermé depuis l'apparition de la peste porcine africaine (PPA) chez les sangliers des forêts ardennaises. Les spécialités belges que sont la bière et le chocolat sont également bien représentées puisque plusieurs brasseries et chocolateries sont du voyage.

La visite d'État revêt également un aspect académique, marqué par la présence des recteurs des principales universités du pays mais aussi des représentants de l'Ares (Académie de recherche et d'enseignement supérieur) et du FNRS notamment.

Des artistes bruxellois exposent leur vision de la ville de demain

Le musée SongEun ArtSpace à Séoul accueille, jusqu'au 8 juin 2019, une exposition qui invite les visiteurs à s'interroger, au travers du travail d'artistes bruxellois et séoulites, sur ce qu'est une ville intelligente attractive à une époque d'effervescence technologique. La manifestation, intitulée "Brussels in SongEun: Imagining Cities Beyond Technology 2.0" a été inaugurée lundi soir par les ministres-présidents bruxellois et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudi Vervoort et Rudy Demotte en marge de la visite royale.

"Qu'est-ce qui constitue une ville intelligente en temps de révolution technologique" : voilà le point de départ de cette exposition qui vise à stimuler la réflexion sur le futur de nos villes. Au total, sept artistes visuels bruxellois et quatre séoulites se sont penchés sur cette question, alors que les défis globaux auxquels doivent répondre les centres urbains sont toujours plus nombreux entre développement social, écologique, économique et de mobilité. L'exposition a été imaginée par la fondation bruxelloise Gluon - consacrée à l'art, la science et la technologie - en collaboration avec le SongEun ArtSpace et est soutenue par les autorités belges.

Après Séoul, l'exposition s'installera à Bruxelles, précisément au lab à Bozar (photo).