Une maison de repos de Grimbergen fait faillite, les résidents ont une semaine pour partir

La maison de repos Anemoon installée depuis 26 ans dans un nouvel immeuble à la Begonialaan à Strombeek-Bever (Grimbergen en Brabant flamand) a été déclarée en faillite. Les résidents ont un délai d’une semaine pour quitter les lieux. Anemoon était l'une des 15 maisons de repos et de soins qui faisaient l'objet d'une surveillance stricte de la part de l'inspection.

Il s’agit d’une faillite pour raisons économiques. "Un curateur a été désigné pour superviser la faillite" a expliqué Joris Moonens de l'Agence des soins et de la santé. Les factures impayées se sont accumulées, mais les gestionnaires ont mis la clé sous le paillasson. Ce sont les employés qui dirigent l'entreprise pour encore une semaine, tout spécialement pour les résidents.

Sur place, ce sont les sentiments de colère, d'incompréhension et de tristesse qui dominent. "Cette impasse n'est pas due au personnel, bien au contraire ", déclare l'infirmière en chef. "Tout le monde continue à travailler et nous ne savons même pas si nous on nous versera notre dernier salaire. Je serai la dernière à quitter le navire mais nous continuerons à prendre soin de nos résidents.

Charles Frey, 23 ans, collaborateur en charge des soins et de la logistique, pense la même chose : "Je vais rester ici pour faire tourner l'entreprise. Les directeurs ne sont plus là. J'ai déjà presté 173 heures supplémentaires, qui ne seront probablement jamais payées. Notre tâche la plus importante est maintenant d'aider les résidents autant que possible dans les jours à venir" a-t-il déclaré.

"Pour moi c'est un drame de devoir partir"

Le résident Marcel Doms (90 ans) raconte : "Je vis ici depuis 12 ans. Le fait de devoir partir maintenant est un véritable drame. Vous n’êtes au courant de rien et soudain vous recevez le message que vous devez partir dans les 10 jours. Mais tout ce que j'ai, c'est ici. C'est incompréhensible et inacceptable. Le personnel ne peut rien y faire. Ils nous apportent les meilleurs soins possibles et ils ne l'ont su eux-mêmes qu'au dernier moment lorsque les dirigeants sont partis. Ils travaillent maintenant avec un taux d'occupation minimum et ne savent même pas s'ils seront un jour indemnisés pour cela. Chapeau à eux. Pour ma part, je vais dans une maison de repos à Laeken. Ce qu-‘on fait les patrons est inacceptable ", conclut Marcel Doms.

Avec les membres de leur famille, les résidents ont dû chercher des solutions de rechange. Entre-temps, le CPAS de Grimbergen et l'Agence d'aide au logement de la Communauté flamande ont également été sollicités. Si certains résidents n'avaient pas trouvé de nouvelle résidence, le gouvernement flamand était disposé à se charger de cette tâche. Mais selon les dernières informations, tous les résidents seront transférés vers d’autres maisons de repos