La Cours des Comptes, très critique envers le projet de nouvelle billetterie de De Lijn

La Cour des comptes a établi un rapport assez négatif sur le projet ReTiBo de la société flamande de transports De Lijn. En 2005, De Lijn a décidé d’installer dans ses bus et ses trams un nouveau système d’enregistrement, de paiement et d’ordinateur de bord en remplacement de la carte magnétique. Mais ce système a connu de nombreux retards. Par ailleurs le coût a augmenté de près de 42 millions d’euros, dont environ 3 millions d’euros de paiements qui seraient indus, d'après la Cour chargée de contrôler les finances publiques.

Le projet ReTibo a connu des problèmes dès le début. De Lijn décide en 2005 de lancer le projet ReTiBo, mais une organisation complète du projet n’a été développée qu’en 2008.

Le projet aurait dû être prêt en novembre 2014. De nombreux retards ont été enregistrés, de sorte que le projet n’avait toujours pas été livré à la fin de 2018. Entre‐temps, la Cour des comptes a calculé que le coût avait augmenté de près de 42 millions d’euros, dont environ 3 millions d’euros de paiements indus. Par ailleurs De Lijn n’aurait pas toujours respecté les compétences du conseil d'administration et n'aurait pas non plus respecté les règles sur les marchés publics.

La Cour des comptes a examiné le dossier à la loupe et rend un verdict très sévère. Il y a par exemple, la hausse du prix de revient. La Cour estime ce prix de revient à 154,7 millions d'euros, soit 41,9 millions d'euros de plus que l'estimation initiale de 112,8 millions d'euros faite par la Cour des Comptes. Les retards qui persistent pèsent le plus lourd dans cette hausse des prix de revient (34,4 millions d'euros).

En outre, selon la Cour des comptes, De Lijn "n'a pas respecté à plusieurs reprises les compétences du conseil d'administration" et la loi sur les marchés publics. Par exemple, la nomination de deux consultants externes n'a pas été approuvée par le conseil d'administration et ces missions n'ont pas été mises en concurrence.
 

Roger Kesteloot : "C'est un projet problématique"

Roger Kesteloot, directeur général de la société de transport De Lijn, admet que le lancement de ReTiBo était "un projet problématique". "On ne gagnera jamais un prix de beauté pour ça", a-t-il déclaré "Il est tout à fait normal que la Cour des comptes l'examine d'un œil critique. Bien que je ne qualifierais certainement pas leur rapport de destructeur".

Roger Kesteloot reconnaît que le projet est beaucoup plus coûteux que prévu. "Il y a eu un retard de cinq ans, ce qui entraîne des coûts supplémentaires, estime-t-il. "Les coûts actuels ne peuvent plus être comparés aux coûts au moment de l'estimation". Mais Roger Kesteloot conteste qu'il y a 3 millions d'euros de paiements indus, comme l'a déclaré la Cour des comptes.

Il conteste également la critique selon laquelle De Lijn "aurait presque entièrement confié la gestion du projet à un certain nombre de consultants extérieurs". "Travailler avec des gens de l'extérieur était nécessaire parce que nous n'avions pas les compétences en TI en interne ", ajoute-t-il. "Mais les personnes externes étaient gérées par un groupe de pilotage interne composé d'au moins cinq membres de notre conseil d'administration".