Le syndicat socialiste rejette le projet d'accord interprofessionnel, la balle est dans le camp du gouvernement

Le comité fédéral de la FGTB a rejeté mardi, à 56% des voix, le projet d'accord interprofessionnel (AIP) 2019-2020. Auparavant, les deux autres syndicats, à savoir la CSC et la CGSLB, avaient donné leur feu vert.

"Il n'y a pas eu de clivage communautaire ou entre centrales", a indiqué le président de la FGTB Robert Vertenueil, parlant de discussions très nuancées. "Ce qui a posé problème, c'est ce qu'il n'y a pas dans l'accord", a-t-il commenté, estimant que les réponses en terme de pouvoir d'achat étaient "une gifle donnée aux travailleurs". En ligne de mire: la marge salariale de 1,1% "insuffisante" et la même hausse du salaire minimum qualifiée "d'aumône" par le syndicat socialiste.

Ce refus de la FGTB semble enterrer l'AIP 2019-2020 et apporte avec lui son lot d'incertitudes quant à la suite des évènements. "Il ne devrait vraisemblablement pas y avoir d'AIP, mais s'il y a une volonté de se remettre autour de la table pour méliorer le projet nous sommes ouverts", a encore ajouté Robert Vertenueil.

Tout n'était pas considéré comme à jeter par le syndicat, qui a désormais deux exigences. "Premièrement, que l'affectation de l'enveloppe bien-être négociée soit mise en œuvre: cela n'a rien à voir avec l'accord interprofessionnel donc elle doit être appliquée", estime le président de la FGTB. Et en deuxième lieu que "le gouvernement et le parlement mettent en œuvre les améliorations en termes de fins de carrière".

Kris Peeters va rencontrer le Groupe des 10

Le vice-Premier ministre et ministre de l'Emploi, Kris Peeters, va organiser, en concertation avec le Premier ministre, "un entretien avec le Groupe des 10. Pour le ministre CD&V, il est important pour les entreprises, indépendants, travailleurs et allocataires sociaux de traiter la question rapidement et d'éviter une situation où règne l'incertitude.

Kris Peeters juge positifs les approbations des employeurs et des syndicats chrétien et libéral mais regrette le rejet du projet d'AIP par le syndicat socialiste.

La FEB se tourne vers le gouvernement

La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) a appelé le gouvernement à mettre en œuvre intégralement le projet d'accord interprofessionnel (AIP) 2019-2020, après le rejet de la FGTB. Le syndicat socialiste est la seule composante du Groupe des 10 a avoir voté contre le texte.

"Une large majorité des syndicats et l'ensemble de la délégation patronale ont approuvé l'AIP. Cette majorité doit être respectée. À cet effet, une concertation urgente avec le gouvernement est nécessaire pour examiner la manière de transposer rapidement et efficacement l'AIP dans la pratique", réagit Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB, cité dans un communiqué.