Les universités libres de Bruxelles souhaitent créer une école multilingue

L'ULB et la VUB veulent ouvrir une école multilingue à Bruxelles en 2020, rapportaient mardi les quotidiens Le Soir et De Standaard. Les recteurs des deux universités bruxelloises ont lancé un appel aux politiques pour ce projet d'école secondaire, où les cours se donneraient en français, néerlandais et anglais. La Ville de Bruxelles s’est dit prête à devenir une commune-pilote pour ce projet.

"L'apprentissage des langues est un paramètre clé pour le vivre-ensemble, l'accès à la culture, l'accès à l'autre", souligne Yvon Englert, recteur de l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Et Caroline Pauwels (photo), rectrice de l’Université Libre néerlandophone de Bruxelles (VUB), souligne "l'effet égalisateur de cette forme d'enseignement. Toutes les langues sont sur le même pied, il n'y en a pas une dominante, puis une deuxième et une troisième".

Pour pouvoir concrétiser leur projet, une modification de la loi est cependant nécessaire. Actuellement, une école est considérée comme appartenant exclusivement à une Communauté (française ou néerlandophone). Une seule possibilité existe pour échapper à cette contrainte: l'immersion, qui est autorisée jusqu'à 75% du temps scolaire côté francophone.

Les deux recteurs ont, d’après Le Soir, déjà remporté le soutien de la fédération des patrons bruxellois Beci, mais aussi du ministre-président de la Région bruxelloise Rudi Vervoort (PS) et du ministre du Budget Guy Vanhengel (Open VLD). Ceux-ci ont commandé une étude sur la faisabilité juridique, dont les résultats devraient être connus avant les élections.

La Ville de Bruxelles candidate

La Ville de Bruxelles a répondu positivement à l'appel des universités libres pour une école multilingue dans la capitale. Elle entend même être une commune pilote en la matière, indiquent le bourgmestre Philippe Close (PS) et les échevines de l'Instruction publique Faouzia Hariche (PS) et de l'Enseignement néerlandophone Ans Persoons (change.brussels).

"Dans une Région où la mobilité et les contacts multilingues sont incontournables, la communication entre les communautés s'impose à tous, c'est le sens même de ce que Bruxelles doit être demain. C'est pourquoi la Ville de Bruxelles, plus grand pouvoir organisateur du pays, répond favorablement à l'appel de l'ULB et la VUB pour une école multilingue et entend être une commune pilote en la matière".

Aux yeux des autorités de la Ville, le plurilinguisme, conjugué à l'ouverture aux autres, est "la pierre angulaire d'une coexistence durable dans une société multiculturelle aux nombreuses facettes. C'est dans cette optique que la Ville de Bruxelles accorde une place privilégiée à l'apprentissage des langues dans son programme de législature, ainsi qu'à tous les projets qui amènent l'élève à découvrir par l'immersion, par l'expérience, d'autres langues et d'autres cultures".

"Offrir des écoles multilingues aux bruxellois participe clairement à l'ADN de Bruxelles que nous construisons chaque jour", a commenté Philippe Close. Pour Faouzia Hariche, "l'enseignement linguistique représente un enrichissement global du vivre ensemble à Bruxelles et une augmentation des chances professionnelles des élèves". Aux yeux d'Ans Persoons (photo), il est plus que logique que la Ville se porte candidate et collabore avec la VUB et l'ULB pour développer l'enseignement multilingue, dès lors que celle-ci a son propre réseau comptant plus de 100 écoles, aussi bien néerlandophones que francophones.