Randstadt dresse un portrait sombre du marché du travail en Belgique, le fossé s’élargit entre la Flandre et la Wallonie

Le marché du travail en Belgique ne se porte pas bien. Telle est la conclusion d'un rapport de l'entreprise intérimaire Randstad, dont De Morgen publie les grandes lignes ce mercredi. Dans divers domaines - tels que la durée d'une carrière ou la productivité - notre pays n'obtient pas de meilleurs ou de moins bons résultats ces dernières années que les autres pays européens. "Cela n'a fait qu'augmenter l'arriéré que nous avions déjà ", déclare Jan Denys de Randstad. Il prédit également de nouvelles tensions politiques parce que l'écart entre la Flandre, d'une part, et la Wallonie et Bruxelles, d'autre part, se creuse.

"Le chagrin du marché de l’emploi belge" tel est le titre de l’analyse faite par Jan Denys, l’expert en matière de marché du travail chez Randstad. "Certes, si l'on considère la Belgique dans son ensemble, nous progressons sur plusieurs indicateurs. Mais si nous comparons avec l'Europe, c'est un statu quo et même, dans certains cas, un déclin. Des choses ont certes été faites depuis, mais les autres pays ne sont pas restés les bras croisés. Sur certains points, la Belgique a perdu du terrain par rapport à ses partenaires européens".

Jan Denys s'est notamment penché sur la durée des carrières en Belgique. "Nous devons travailler plus longtemps et en Belgique, nous avons effectivement travaillé 0,8 année de plus. Mais en Europe, on a travaillé 1,6 année de plus pendant la même période. Cela signifie que l'arriéré que nous avions déjà n'a fait qu'augmenter".

Une question sur laquelle les gouvernements se sont concentrés est celle des coûts de la main-d'œuvre. "Cela a eu un résultat ", dit Jan Denys. "Une partie de l'écart avec les pays voisins a été comblée, mais nous restons le pays le plus cher après le Danemark. En outre, la croissance de la productivité s'est ralentie en Belgique. C'est une source de préoccupation".

Contraste entre la Flandre et les deux autres Régions

Le chômage, et en particulier la répartition régionale, reste également un problème. "La Flandre va très bien. C’était déjà le cas en 2007 (dans l'analyse précédente de Jan Denys, ndlr.). Mais le contraste entre la Flandre et les deux autres Régions du pays en termes de chômage est très important. "Il y a 10 ans, nous étions le pays où l'écart était le plus important après l'Italie, maintenant nous sommes le pays où l'écart régional est le plus important en termes de taux de chômage".

En termes de taux d'emploi (proportion de la population en âge de travailler ayant un emploi), la Flandre occupe le milieu du classement, tandis que Bruxelles et la Wallonie sont très en retard au niveau européen. Les chiffres complets les plus récents datent de 2017.

"Mais au cours des trois premiers trimestres de 2018, nous constatons que la Flandre a fait un bond gigantesque ", déclare Jan Denys.

"Si la Flandre poursuit cette tendance dans les années à venir, elle se positionnera dans les premières régions. Nous aurons alors un nouveau problème, car le fossé entre la Flandre, Bruxelles et la Wallonie se creusera et créera de nouvelles tensions politiques".