La Chambre a effectivement rejeté la révision de l’article 7bis

Comme on avait pu s’y attendre, la révision de l’article 7bis de la Constitution belge, qui devait permettre de voter la proposition de loi spéciale Climat, a été rejetée jeudi soir en séance plénière au parlement. La proposition a récolté une majorité de voix (76 pour et 66 contre), mais il fallait une majorité de deux tiers pour qu’elle puisse être adoptée. Les partis flamands Open VLD, CD&V et N-VA ont maintenu leur opposition à cette révision.

Mardi, la commission de la Révision de la Constitution de la Chambre avait approuvé la révision de l’article 7bis par 9 voix contre 8. Lundi, le parti libéral francophone MR, jusqu’alors opposé à cette modification, avait finalement décidé de l’approuver. Mais cela n’aura pas suffi pour atteindre la majorité nécessaire. Ce n’est donc pas sous ce gouvernement en affaires courantes que la loi spéciale climat - qui devait stipuler les principes et objectifs climatiques du pays - sera reprise dans la Constitution.

Les partis qui soutiennent cette modification - PS, SP.A, Ecolo, Groen, CDH et MR - estiment que sans la révision de l’article 7bis la loi Climat ne peut être approuvée. Cette loi repose sur le travail d’un groupe d’experts. Les écologistes flamands affirment que si la Constitution n’est pas modifiée, l’entrée en vigueur de la loi Climat sera reportée de cinq ans.

Les opposants à la modification de la Constitution estiment qu’elle n’est pas nécessaire pour réaliser une bonne politique climatique. Plutôt qu’une discussion sur les symboles, ils privilégient une discussion sur des mesures concrètes.

Les jeunes activistes sont très déçus

Alors que se pose la question de l’efficacité d’une politique climatique belge étant donné les divers niveaux de décision dans le pays, les opposants à la révision plaident en faveur d’accords de coopération imposés aux diverses entités. Gouvernement fédéral et autorités régionales seront ainsi contraints à collaborer. Mais d’après Kristof Calvo, chef de groupe Groen à la Chambre, la pratique a démontré qu’un accord de coopération revient à faire du surplace.

Les jeunes activistes pour le climat, qui prennent part depuis une dizaine de semaines à la grève scolaire et avaient passé deux nuits devant le parlement pour faire pression sur les partis afin qu’ils approuvent la révision de l’article 7bis, se sont dit très déçus par le rejet.

Anuna De Wever (photo, au centre), l’une des initiatrices des marches pour le climat, expliquait à la VRT qu’elle avait l’impression d’avoir mené des actions pour rien depuis trois mois. "Il faut que les responsables politiques réalisent que la jeune génération perd progressivement confiance dans la politique", concluait l’étudiante de 17 ans.