Les souverains et la délégation belge de retour de Corée du Sud

La visite d'État de quatre jours du roi Philippe et de la reine Mathilde à Séoul a officiellement pris fin jeudi soir. Le couple royal, ainsi que l'importante délégation qui l'accompagnait, sont rentrés vers 20h, après plus de 11 heures de vol. Parmi les nombreux projets réalisés, un accord a été signé pour que les archives diplomatiques belgo-coréennes soient rassemblées dans un livre d’ici 2021.

La visite d'Etat s'est cantonnée à la capitale, Séoul. Pendant quatre jours, les souverains y ont enchaîné les rencontres diplomatiques et activités protocolaires. Parmi les moments phares du voyage, on retiendra l'hommage émouvant rendu aux soldats belges tombés pendant la guerre de Corée, la rencontre de la reine Mathilde avec l'ancien Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon (photo sous le texte) et celle avec le médecin Marie-Hélène Brasseur, pionnière des soins palliatifs dans le pays.

La visite "angoissante" de la smart city de Songdo a également marqué les esprits. Dans cette ville dite "intelligente", la notion de vie privée a complètement disparu au profit de la surveillance électronique et du contrôle des individus, à l'image de ce que Georges Orwell avait prophétisé dans son roman 1984. Enfin, la prestation remarquable de roi Philippe en taekwondo (photo ci-dessous) restera également dans les annales.

Lors de la visite d'Etat, les autorités coréennes ont une nouvelle fois remercié la Belgique pour sa contribution à la guerre de Corée. Les très bonnes relations commerciales entre les deux pays, renforcées par l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et la Corée du Sud, ont également été soulignées à plusieurs reprises. La péninsule s'est par ailleurs intéressée de près aux mesures prises en Belgique afin de soutenir les PME alors que l'économie du pays est dominée par d'énormes mastodontes (les chaebols) au détriment des plus petites sociétés.

Au niveau académique, la République a salué l'ouverture, en 2014, du campus de l'Université de Gand (UGent) à Songdo. D'un point de vue culturel, le concours Reine Elisabeth, très prisé dans la presqu'île, a également reçu les éloges des dirigeants coréens.

Les archives diplomatiques belgo-coréennes dans un livre

Un protocole d'accord a été signé mercredi, à Séoul, entre la Commission royale belge d'histoire et l'Institut national d'histoire coréenne, pendant la visite d'Etat en Corée du Sud. Le partenariat prévoit de rassembler, d'éditer et de publier l'ensemble des archives diplomatiques entre la Belgique et la Corée depuis leurs premiers échanges.

L'ouvrage à paraître est prévu pour fin 2021, année qui marquera le 120e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. C'est le professeur à la KU Leuven, Adrien Carbonnet, spécialisé Corée-Japon, qui coordonnera le projet.

Outre les archives relatives aux relations bilatérales, le volume regroupera les documents belges touchant aux affaires coréennes classées dans les rubriques "Japon" et "Chine". Les documents publiés couvriront la période allant de 1866 à 1945.

Une exposition retraçant, en 10 archives, les moments clés des relations diplomatiques entre la Belgique et la Corée a été présentée à la délégation. La plus ancienne archive belge relative à la Corée remonte à 1882. A cette date, la Belgique avait déjà des représentants en Chine et au Japon, mais pas encore en Corée. Dans le document en question, le représentant de la Belgique à Tokyo rapporte qu'il a été approché par des diplomates coréens et que ceux-ci, appréciant le statut neutre du Royaume, étaient enclins à établir des relations avec la Belgique.