La Russie lance une nouvelle campagne de "fake news" contre la Belgique

Des sites russes et iraniens annoncent ce samedi que la Belgique préparerait une attaque au gaz chimique en Syrie. L'attaque au chlore aurait lieu en coopération avec la France. Selon le journaliste de la VRT Jens Franssen, il s'agit bien sûr d'une campagne classique de "fake news". "Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que notre pays est la cible de la désinformation russe".

D'après le général-major russe Viktor Kupchishin, notre pays préparerait une attaque chimique dans le nord de la Syrie. Selon le média russe RT.com, la Belgique préparerait cette attaque en collaboration avec la France et l'organisation terroriste Al-Qaida. Aucune preuve matérielle n'est cependant fournie. Les médias iraniens et syriens s'emparent avec empressement de cette nouvelle.

Le général russe prévient qu'une opération sous "fausse bannière" serait en cours : "la Belgique et la France préparent une attaque chimique, ensuite la Russie, ou son allié Bachar al-Assad, le président de la Syrie, seront mis en cause".

Les opération sous fausse bannière ou "faux pavillon" sont des actions menées avec utilisation des marques de reconnaissance de l'ennemi, c’est une méthode classique par laquelle des incidents ont été créés dans le passé pour provoquer un conflit plus important.

Mais dans ce cas-ci, la Russie veut surtout produire un écran de fumée. Accuser, devant son propre public un service de renseignement occidental d'avoir organisé un crime de guerre et, ainsi, créer la confusion", a expliqué Jens Franssen dans De Ochtend sur Radio 1. "Dans le passé, cependant, nous avons été en mesure d'établir que des armes chimiques ont effectivement été utilisées en Syrie, peu avant ou après de telles annonces. Toutefois, la plupart des incidents liés aux armes chimiques ont été attribués au régime syrien par l'organisme de surveillance indépendant des Nations Unies, l'OIAC".

Ce n’est pas la première fois

Ce n’est pas la première fois que la Belgique est victime de désinformation provenant de Russie. En 2016, la Russie avait déjà accusé les F-16 belges d'avoir bombardé la Syrie provoquant de nombreuses victimes civiles. "Très vite cependant, il a été prouvé que si les F-16 belges étaient bien en opération, ils se trouvaient au-dessus de l'Irak voisin et pas de la Syrie", explique encore Jens Franssen.

Le fait que la Russie vise la Belgique n’est pas surprenant. "Notre pays à une faible culture de la sécurité et est un maillon faible de l’OTAN".
Le service de renseignement belge qui pourrait mener des opération à l’étranger est le service général du renseignement et de la sécurité militaire SGRS. " Mais notre pays n'a ni la tradition, ni le réseau, ni même les moyens pour mettre en place une opération aussi sensible dans des zones de guerre aujourd'hui. Bref : c’est un fake news", conclut Jens Franssen