Elections 2019 : "Il est apparemment encore trop tôt pour mener campagne"

A moins de huit semaines des élections fédérales, régionales et européennes du 26 mai, le journaliste politique de la VRT, Ivan De Vadder, constate que la plupart des représentants politiques mènent campagne avec un pied sur le frein, malgré les quelques petites attaques lancées à l’occasion des congrès de partis.

Les listes de candidats ont été déposées ce week-end en vue du triple scrutin du 26 mai. Habituellement, la campagne électorale est alors clairement lancée, mais cette année, cela ne semble pas être vraiment le cas.

"Comme l’a étonnamment avancé lui-même le président du CD&V, Wouter Beke, invité ce matin à l’émission De Ochtend (VRT), il est encore trop tôt pour mener campagne", a commenté Ivan De Vadder. "On remarque qu’un certain nombre de représentants politiques mène campagne avec le frein à main enclenché, car ils sentent que la dynamique n’y est pas encore", explique le journaliste de la VRT. "Nous sommes encore trop prêts des élections communales d’octobre, il y a eu une crise gouvernementale, les gens en ont aussi peut-être aussi un peu... Les médias réagissent également avec modération, ils ont pour l’instant les yeux rivés ailleurs, vers la Grande Bretagne, par exemple… On se retrouve donc face à une campagne qui ne démarre pas vraiment, alors que nous sommes à quelques semaines du scrutin", analyse-t-il encore.

Des congrès "pour se tirer dessus"

Ce week-end, le CD&V était au cœur des critiques politiques après la tenue de son congrès. L’Open VLD et la N-VA, notamment, s’en sont pris au parti chrétien-démocrate flamand.

"La tenue de congrès est typique en période électorale. C’est l’occasion de se ‘tirer dessus’. La N-VA a ainsi effectivement attaqué le CD&V autour du thème de la migration. Le libéral Alexander De Croo a pour sa part déclaré que le CD&V s’était montré passif dans sa gestion de la réforme du marché de l’emploi. Le Vlaams Belang s’en est quant à lui pris à la N-VA, qui est selon lui devenu un parti traditionnel", poursuit Ivan De Vadder. "Tout cela est typique pour une campagne, même s’il s’agit d’une campagne en sourdine".

De nouvelles divisions en vue

Ce jeudi, la Chambre doit se pencher sur les articles de la constitution qui pourraient être susceptibles d’être révisées. Ivan De Vadder constate une absence de consensus à ce sujet. "La N-VA et le Vlaams Belang veulent que tous les articles soient discutés dans un prochain gouvernement, et qu’ils soient donc tous déclarés comme étant sujets à révision, dans le but de rendre possible une réforme de l’Etat", explique-t-il. "L’Open VLD ne veut pas en entendre parler, et préfère ne sélectionner qu’un certain nombre d’éléments, tels que la suppression du Sénat. Groen est axé sur le climat, mais on a pu constater la semaine dernière que c’était loin d’être évident, que ce soit actuellement ou dans l’avenir. Enfin le CD&V veut y réfléchir, pendant 5 ans, et lancer un processus au Parlement flamand pour voir si une réforme de l’Etat est possible à partir de 2024".

Sur ce point, les chrétiens-démocrates flamands rejoignent les libéraux francophones du MR. "On sent ainsi un axe qui tient la route depuis un certain temps entre le MR et le CD&V. Un axe qui, si les résultats le permettent, pourrait être celui autour duquel se dessinera le prochain gouvernement", conclut Ivan De Vadder.