"Le poisson d’avril a perdu son innocence à cause des fake news", ou pourquoi la VRT ne diffusera plus de blagues

Ne cherchez pas plus loin. Ce 1er avril, vous ne trouverez pas de poisson d’avril dissimulé parmi les nouvelles des différents médias de la VRT. En ces temps de fake news, de désinformation et de manipulation de l’info, la rédaction du service public flamand estime ne plus pouvoir se permettre de publier des histoires inventées.

En Flandre comme ailleurs dans le monde, le poisson d’avril est une ancienne tradition adoptée par toutes les rédactions qui ont le sens de l’humour. Depuis 2014, la VRT avait décidé de ne plus participer à cette partie de rigolade. Cette année plus que jamais, la radio-télévision publique flamande a toutefois tenu à expliquer les raisons de ce choix.  

"Dans un monde où les réseaux sociaux sont submergés de fake news, de fausses histoires, de propagande politique et d’opinions considérées comme des faits, nous ne pouvons plus nous permettre, en tant que radio-télévision publique, de lancer un poisson d’avril", explique le journaliste Tim Verheyden, expert des réseaux sociaux et de la désinformation au sein de la rédaction de la VRT.

"Avant même que vous n’ayez le temps de vous en rendre compte, ce genre de blague s’intègre au cycle de l’actualité". "Les poissons d’avril peuvent être sciemment utilisés pour disperser de fausses informations, ou pour remettre en question la crédibilité d’un service public", écrit-il encore dans une analyse parue sur le site de VRT NWS.

"Le poisson d’avril a perdu son innocence. Il y aura toujours l’une ou l’autre personne pour ne pas le percevoir comme de l’humour, pour se sentir insultée, ou pour l’utiliser de façon abusive. C’est dans l’air du temps. A la VRT, nous avons donc décidé de passer notre tour et de ne plus diffuser de blague".

La rédaction d’information de la radio-télévision publique flamande a au contraire pris des mesures pour mieux informer son public sur les fake news, la désinformation et la manipulation d’info. "Auparavant, nous ne réagissions pas lorsque de fausses actus circulaient dans les médias ou sur le Net. Mais aujourd’hui, nous sentons que ce n’est plus tenable", commente de son côté Liesbet Vrieleman, directrice de l’info et rédactrice en chef générale de VRT NWS. "En tant que service public, nous avons pour tâche de nuancer ou d’infirmer les fausses infos", conclut-elle.