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La justice a commencé la saisie près de 350 camions de la société de transport Jost

Le parquet a commencé la saisie de 346 camions appartenant à la société de transport Jost. L’information est révélée par la VRT. Jost Group est après Essers, la deuxième plus grande entreprise de transport routier dans notre pays. Elle est soupçonnée d’une fraude sociale à grande échelle. Des centaines de chauffeurs d’Europe de L’Est travailleraient en Belgique pour cette entreprise, selon les mêmes conditions de travail appliquées dans leur pays d'origine, éludant ainsi l’impôt et la sécurité sociale.

L'entreprise fait l'objet depuis un an d'une enquête concernant une fraude sociale et un trafic d'êtres humains dans le secteur des transports par le truchement de sociétés "boîtes aux lettres" en Roumanie et en Slovaquie. La chambre des mises en accusation de Liège a donné son feu vert pour la saisie de 346 camions, soit à peu près un quart de tous les camions du groupe qui en possède 1.500.

D’après une information de nos collègues de la RTBF, la police judiciaire s'est rendue sur le site d’une filiale du Jost Group à Herstal (Liège) et a procédé à la saisie de 18 camions. Il aurait été demandé à l’entreprise de rapatrier les 328 camions restants au siège de l’entreprise pour qu’ils puissent être saisis également.

D'après le parquet, entre 2014 et 2016, la compagnie Jost Group a recruté quelque 1.100 chauffeurs de camion d'Europe de l'Est pour les faire travailler en Belgique, selon les mêmes conditions de travail appliquées dans leur pays d'origine. La sécurité sociale belge et les chauffeurs auraient ainsi fait l'objet d'une escroquerie évaluée à un montant de 55,3 millions d'euros.

En mai 2017, les enquêteurs avaient déjà perquisitionné plusieurs sites de l’entreprise en Belgique, mais aussi au Grand-Duché de Luxembourg, en Roumanie et en Slovaquie. Dans le cadre de ce dossier, quatre personnes de la compagnie, dont le CEO Roland Jost, ont déjà été interpellées et libérées sous conditions.

Il y a quelques mois, le parquet avait voulu saisir et éventuellement revendre 346 camions du groupe afin de récupérer l’argent des impôts que l'État belge avait perdu suite à cette fraude.

Un juge liégeois a d'abord arrêté la saisie, mais la semaine dernière, le parquet fédéral a obtenu gain de cause et à présent la saisie a commencé.

Jost Group réfute les accusations

Dans un communiqué, Jost Group fait part de sa "stupéfaction" et dénonce "l'acharnement du procureur fédéral", qui a requis la saisie immédiate de 240 camions de la société.

L'entreprise rappelle qu'elle a toujours réfuté "avec vigueur" les accusations.
"Nous sommes consternés de cette décision puisque la chambre des mises en accusation a décidé, dans son arrêt du 25 mars 2019, que les modalités de la saisie devaient être décidées par le juge d'instruction et qu'une réunion est prévue à très brève échéance", ajoute Christophe Ravignat, secrétaire général de Jost Group.

"Dans ces conditions, nous ne comprenons pas pourquoi le procureur fédéral juge nécessaire d'effectuer une saisie dès maintenant sur certains de nos camions."