L’inspection générale de la police met en garde contre des agents corrompus

Au cours de leur carrière, les agents de police font rarement l’objet de contrôles de leur intégrité. C’est ce qu’indique l'Inspection générale de la police, qui tire la sonnette d'alarme. Selon elle, ce manque de contrôle laisse la porte ouverte à la corruption. Des criminels mettraient de plus en plus souvent les agents sous pression et leur offriraient beaucoup d’argent en échange d’informations.

"La pression individuelle sur les fonctionnaires à la police augmente, ce qui est démontré par des études internationales par ailleurs", affirme Thierry Gillis, qui dirige l'Inspection générale de la police. "Les criminels jonglent avec des sommes d'argent de plus en plus importantes et certains policiers ne peuvent pas résister à cet appel", précise-t-il.

Or au cours de leur carrière, l'intégrité des agents n'est que peu ou pas contrôlée, relève Thierry Gillis, de concert avec son adjoint, Johan De Volder, dans une note. "Entre le moment où ils sont engagés, disons à l’âge de 20 ans, et l’âge de la pension à 67 ans, il s’écoule 47 ans. Il faut bien constater que pendant toute cette période on ne contrôle pratiquement pas leur intégrité de façon préventive " indique Johan De Volder.

"Et la commission qui doit vérifier si je suis intègre en tant qu’inspecteur-général adjoint, ne peut le faire en réalité parce qu’elle n’y est pas légalement habilitée", poursuit-il.

Ceux qui veulent entrer dans les services de police belges doivent uniquement se soumettre à de tels contrôles lors de la procédure de recrutement. Pourtant dans les pays voisins, ce screening va plus loin, relève une étude publiée sur le site de l'Inspection générale.

"Pas tout le monde doit être contrôlé en permanence"

L’Inspection générale de la police ne plaide cependant pas pour des contrôles généralisés qui seraient appliqués à tout le monde. "Nous proposons plutôt une sorte d’analyse des risques pour les fonctions qui sont davantage sujettes à des incitations plus fréquentes à la corruption", indique De Volder.

Les agents qui travaillent par exemple dans les ports devraient ainsi être davantage contrôlés que d’autres. "Mais aussi, par exemple, les supérieurs. Dans leur cas il est très important d’être certain de leur intégrité".