Les Flamands de plus en plus tentés par les extrêmes, le risque d’ingouvernabilité existe

Un sondage utilisé pour le test électoral de la VRT révèle que le Flamand moyen est de plus en plus tenté par les positions politiques extrêmes tant à droite qu’à gauche. Selon Ivan De Vadder, journaliste politique à la VRT, de plus en plus d’électeurs flamands s’associent à ces idées extrêmes en espérant que les partis du centre trouveront une solution pour les réconcilier. Mais est-ce bien réaliste?

Pour Ivan De Vadder, les positions extrêmes ont de plus en plus de succès que ce soit à propos du climat ou en ce qui concerne les migrants. De plus en plus de Flamands s’associent à ces idées. Lorsqu’il s’agit de la migration, le Vlaams Belang et la N-VA obtiennent de bons résultats tandis que Groen récolte les fruits en ce qui concerne le climat.

En ce qui concerne les points de vue plus radicaux en matière sociale – par exemple à propos de la gratuité de différentes services - l’électeur se tourne alors de préférence vers le PVDA (PTB) et en partie aussi vers le SP.A. Ceux qui veulent payer moins d’impôts se tournent vers le parti de Jean-Marie Dedecker mais aussi vers l’Open VLD et vers la N-VA.

"Le parti qui est mis sur la touche est le CD&V" ajoute Ivan De Vadder. Le parti qui veut se mettre au centre risque bien de se retrouver très seul. "Beaucoup d'électeurs semblent parier que les partis du centre vont résoudre les problèmes. Ceci s'applique en premier lieu aux CD&V, mais aussi à l’Open VLD, au SP.A et en partie à la N-VA. Des partis comme le CD&V ou le SP.A ne semblent plus aussi attractifs pour les électeurs d’aujourd'hui.

L’avenir semble donc bien sombre. "La question est de savoir si ce modèle peut continuer à exister. Il y a dix ans, les partis politiques cherchaient à se faire une place au centre de l'échiquier politique, mais aujourd'hui, ils semblent vouloir s'en éloigner".

Le centre peut-il encore tirer ses marrons du feu ? "Pour que cela se produise, il faudrait que ce centre obtienne une majorité ou alors qu’il puisse former une majorité avec un ou plusieurs partis plus extrêmes.

Ivan De Vadder fait référence au débat qui a eu lieu au début de la semaine entre Bart De Wever, président de la N-VA et Jean-Marc Nollet, co-président d'Ecolo. Bart De Wever a indiqué qu'il ne voulait pas faire partie d'un gouvernement avec Ecolo, le PS ou le PTB. De son côté Jean-Marc Nollet lie son destin à Groen, cela hypothèque une coalition entre la N-VA et Groen.

"Le risque d’ingouvernabilité est de moins en moins hypothétique parce que les partis du centre n'obtiennent plus assez de voix", conclut Ivan De Vadder.