FEB : "Ni le climat, ni le pouvoir d’achat mais l’économie doit dominer la campagne électorale"

La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) lance une campagne d'information ce lundi afin d'inscrire l'économie et le marché du travail dans l'agenda politique, à moins de deux mois des élections fédérales, régionales et européennes.

Baptisée "It's still the economy stupid", en référence à la célèbre phrase d'un conseiller de Bill Clinton lors de la campagne présidentielle américaine de 1992, elle s'accompagnera de propositions pour remettre l'économie "au centre de l'attention".

La FEB constate que l'immigration, l'énergie, le climat et le pouvoir d'achat ont été inscrits à l'agenda politique ces derniers mois alors que l'économie et le marché du travail ont fait l'objet de "peu de débats". La fédération veut donc formuler des "propositions concrètes" au cours des prochaines semaines et positionner les entreprises "comme faisant partie de la solution plutôt que du problème".

L'organisation profite du lancement de sa campagne pour dresser un bilan de la politique socio-économique du gouvernement fédéral. Parmi les conséquences positives des décisions du gouvernement Michel, le patronat évoque la diminution du handicap salarial, l'augmentation des exportations et de l'emploi privé ainsi que la baisse du chômage. 

La FEB regrette néanmoins l'intensification de la congestion routière, le prix de l'énergie élevé, la pénurie "problématique" sur le marché du travail ou encore la hausse des dépenses de maladie et d'invalidité.

L'évaluation du budget est, elle, "mitigée". "Le déficit a certes été réduit, mais il faudra en faire davantage dans les années à venir", poursuit la FEB. "L'amélioration des finances publiques doit passer par le marché du travail: un taux d'emploi plus élevé et la poursuite de l'assouplissement."

"Des impôts supplémentaires, ce n’est pas la solution"

"J'ai beaucoup entendu parler d'impôts supplémentaires ces dernières semaines. Dans ce pays, presque tout est taxé, jusqu'à l'inhalation et l'expiration de l'air ", a déclaré en boutade Pieter Timmermans, l’administrateur délégué de la FEB, interrogé lundi dans l’émission "De ochtend" à la VRT.

Il ne pense pas que la solution réside dans l'augmentation de la charge de travail, mais dans l'innovation et dans le fait d'aider plus de gens à se lancer. Il est également possible de modifier les règles strictes concernant le travail de soirée et de nuit et le travail par postes.

"Dans ces domaines, nous sommes parmi les pires élèves de la classe et nous ratons beaucoup d'occasions dans le domaine du commerce électronique. "30 à 40 % de notre pouvoir d'achat est consacré au commerce électronique, mais ces achats en ligne ont souvent lieu à l'étranger.

Pieter Timmermans n'exprime pas d'opinion sur ce à quoi devrait ressembler la prochaine coalition. Ce qui compte pour lui, c'est la politique socio-économique. La réforme de l'État n'est pas non plus en tête de sa liste de priorités.