Faute de soutien, Ben Weyts abandonne l'idée d'instaurer une taxe kilométrique

Le ministre flamand de la Mobilité Ben Weyts (N-VA) ne va finalement pas instaurer de taxe kilométrique "intelligente", un système selon lequel les automobilistes paieraient une taxe par kilomètre parcouru. Le ministre l’a déclaré mardi soir dans l’émission "Terzake".  

Ben Weyts reconnaît qu'il n'y a pas de soutien suffisant, ni au sein de la classe politique, ni au sein de population flamande, pour une telle taxation, même sous une forme dite "intelligente". Il propose dès lors de lutter contre les files en accentuant les investissements dans les infrastructures.

"Une tarification routière autour de Bruxelles et d’Anvers, sera inévitable" avait déclaré le président de la N-VA Bart De Wever lors d’un débat en mars de l'année dernière, avant les élections communales. Longtemps, son collègue de parti et ministre de la Mobilité, Ben Weyts, s'est également montré favorable à cette alternative à la taxe actuelle de circulation, mais à l'approche des élections du 26 mai, il a changé d'avis : pour l'instant, il ne veut plus introduire de tarification routière ni de taxe kilométrique.

"Nous n'avons pas mille alternatives pour faire face aux embouteillages", a-t-il déclaré mardi soir dans "Terzake" sur Canvas. "Je pense que la tarification routière pourrait faire partie de la solution, à condition qu'il ne s'agisse pas d'augmenter les impôts, que nous obligions les étrangers d'y contribuer et qu'il y ait un soutien politique. Or, ce soutien n'existe nulle part, pas même au sein de la population."
 

Une "taxe-Ben" comme la "Turteltax"

L'idée a généré une contestation croissante ces dernières semaines, notamment de la part du Vlaams Belang et du PTB. Le spectre d'un effet similaire à celui provoqué par la "Turteltaks" - le prélèvement énergétique flamand qui a emporté la ministre Annemie Turtelboom - a alors fait trembler la N-VA.

Mais Ben Weyts rejette d’un revers de la main l’idée que cette courbe rentrante soit liée à la récente campagne du Vlaams Belang.

"Le Vlaams Belang en a fait une campagne en s’attaquant à ma personne mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Il s'agit de réaliser des choses mais pour cela il ne faut être au Vlaams Belang. Mais je n’ai pas beaucoup entendu les autres partis à ce propos ces dernières semaines".

"Nous avons observé pour la première fois l'an dernier une légère diminution des embouteillages. Pas de quoi être euphoriques, mais cette diminution est surtout visible là où nous avons investi dans les infrastructures", a commenté Ben Weyts.

Il propose de relever les investissements en mobilité de 10 à 15 milliards d'euros sous la prochaine législature, autour d’Anvers et de Bruxelles non seulement sur les routes mais aussi dans les transports en commun et le vélo.