Le vélo, objet fétiche des partis flamands pour mener campagne

Cette semaine, le CD&V a présenté son plan vélo avec, pour l’illustrer, son président Wouter Beke pédalant fièrement sur les routes flamandes. De son côté, la N-VA a lancé un spot électoral dans lequel le parti de Bart De Wever s’identifie à une course flandrienne. Au même moment, le Vlaams Belang, aussi, lançait un clip mettant le cyclisme en avant. Au nord du pays, le vélo semble une fois de plus être le moyen par excellence pour mener campagne. La méthode n’est pas neuve, et remonte aux années 70… Mais pourquoi les responsables politiques flamands aiment-ils tant se pavaner à vélo ? La rédaction de la VRT a interrogé le commentateur politique Rik Van Cauwelaert sur la question.

D’après Rik Van Cauwelaert, c’est le chrétien-démocrate flamand Wilfried Martens qui, le premier, est apparu à vélo devant les caméras en 1972. "Il avait alors une maladie du cœur. Il s’était fait opéré et devait faire du vélo dans le cadre de sa rééducation", raconte le commentateur sur les ondes de Radio 1 (VRT). "Des photos avaient été publiées, et on avait également filmé le Premier ministre sur son vélo. Cela dégageait quelque chose de sympathique".

Ce moment a constitué un tournant dans la manière de mener campagne. "Plus tard, on a ainsi pu voir Guy Verhofstadt (Open VLD) vêtu d’une vraie combinaison de cycliste, et qui, sur son vélo de course, se faisait volontiers entourer de vedettes du cyclisme", note encore Rik Van Cauwelaert. "Un politique à vélo, cela représente un certain dynamisme et de la gaieté".

Le Gordel, célèbre évènement sportif organisé autour de Bruxelles, est ainsi devenu un moment à ne pas rater. "C’était à l’origine un peu une manifestation politique lors de laquelle les Flamands aimaient rappeler que la ceinture verte autour de la capitale était flamande", explique Rik Van Cauwelaert. "On voyait alors des représentants de la N-VA habillés dans les couleurs du parti". Ces derniers étaient d’ailleurs souvent rejoints par des membres du CD&V.

Je ne vois pas dans l’immédiat Elio Di Rupo grimper sur un vélo de course

Rik Van Cauwelaert, commentateur politique

"On se souviendra aussi des premiers élus Agalev (ancien parti écologiste devenu Groen, ndlr) arrivant au Parlement sur leurs vélos. C’était tout de même un peu forcé, car en fait, ils étaient montés dessus juste derrière le coin de la rue", raconte encore le commentateur.

Cette volonté des politiques de s’afficher sur deux roues semble rester une spécialité flamande. "En Wallonie, je ne vois pas dans l’immédiat Elio Di Rupo grimper sur un vélo de course, même si c’est aussi lié à la différence du terrain", souligne Rik Van Cauwelaert. "Et puis chez nous, on vit ces derniers jours dans une folie du cyclisme à cause du Tour des Flandres ou du Paris-Roubaix. C’est malgré tout quelque chose de très flamand", conclut-il.

Visionnez ci-dessous les images sorties des archives de la VRT:

Chargement lecteur vidéo ...